Sommaire
Le DPE, j'ai d'abord cru que c'était une paperasse de plus à ranger dans un dossier. Puis j'ai vu des bailleurs se retrouver avec un logement interdit à la location du jour au lendemain. Autant vous dire que je regarde désormais cette étiquette de très près. Je vous explique ce qui s'applique aujourd'hui et comment prendre les devants.
Depuis la loi Climat et Résilience n° 2021-1104 du 22 août 2021, le diagnostic de performance énergétique (DPE) n'est plus un document informatif glissé dans le dossier de location. Il est devenu l'un des leviers réglementaires les plus structurants du marché locatif privé. Pour un bailleur, la classe énergétique de son logement détermine la possibilité même de louer, le droit de réviser le loyer, l'accès à certains dispositifs fiscaux et la valeur du bien à la revente.
L'année 2025 a marqué un tournant avec l'interdiction de louer les logements classés G en métropole. Les F suivront au 1er janvier 2028, puis les E au 1er janvier 2034. Le gel des loyers des passoires thermiques F et G, lui, s'applique depuis le 24 août 2022.
Et 2026 apporte une bonne nouvelle que beaucoup de bailleurs n'ont pas vue passer : la façon de compter l'électricité dans le DPE a changé au 1er janvier. Certains logements chauffés à l'électricité remontent d'une classe sans un seul coup de marteau. J'y reviens en détail, c'est la première chose à vérifier avant de commander un devis. Côté fiscalité, gardez en tête que les travaux se déduisent au régime réel et peuvent créer un déficit foncier.
1. Comprendre le DPE en 2 minutes
1.1 Les classes énergétiques A à G
Le DPE évalue la performance énergétique d'un logement et son impact sur le climat. Il le classe sur une échelle de A à G, A correspondant à un logement très performant et G à un logement très énergivore. Le diagnostic est exigé pour toute mise en location ou vente et son étiquette doit figurer dès l'annonce.
La classe repose sur deux indicateurs combinés : la consommation d'énergie primaire en kWh/m²/an et les émissions de gaz à effet de serre en kg CO2/m²/an. Le DPE retient la plus mauvaise des deux notes. Un logement correctement isolé mais chauffé au fioul peut donc se retrouver classé F ou G à cause du seul critère climat.
1.2 Une double notation et un diagnostic opposable
Cette double notation, instituée par la refonte du 1er juillet 2021, a fait basculer en F ou G de nombreux logements auparavant classés D ou E, simplement à cause de leur mode de chauffage. C'est aussi depuis cette refonte que le DPE est opposable : un locataire ou un acquéreur peut engager la responsabilité du bailleur ou du vendeur si le diagnostic se révèle erroné. Ce n'est plus un avis, c'est un engagement.
Une correction est intervenue depuis. Depuis le 1er juillet 2024, les seuils applicables aux logements de moins de 40 m² ont été revus : la méthode les pénalisait mécaniquement, à cause du poids de l'eau chaude sanitaire rapporté à une petite surface. Si vous louez un studio classé F ou G sur un diagnostic antérieur, faites vérifier son étiquette avant d'engager quoi que ce soit.
1.3 La validité du DPE
Un DPE est valable 10 ans. Les diagnostics établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. En pratique, tout DPE opposable aujourd'hui a été réalisé selon la méthode 3CL en vigueur depuis le 1er juillet 2021. Le diagnostic doit être annexé au bail, au même titre que les autres pièces du dossier de diagnostic technique prévues par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Depuis l'entrée en vigueur du nouveau contrat type de location, la liste des annexes est d'ailleurs rappelée dans le modèle lui-même.
1.4 Ce qui change au 1er janvier 2026
Voici le point que je vous demande de retenir avant tout le reste. Le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire, qui valait historiquement 2,3, est passé à 1,9 au 1er janvier 2026. Il descendra à 1,7 au 1er janvier 2027, avec une nouvelle méthode de calcul à cette date.
Concrètement, un logement chauffé à l'électricité ou dont l'eau chaude et l'éclairage sont électriques, voit sa consommation d'énergie primaire recalculée à la baisse pour une consommation réelle identique. L'étiquette peut gagner une classe. Le point le plus utile : les DPE déjà établis restent valables dix ans, mais une attestation actualisée peut être obtenue gratuitement, sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur, auprès de l'observatoire DPE de l'ADEME qui détient les données de calcul. Aucun logement ne peut être déclassé par ce changement.
Si votre logement est électrique et classé G, cette démarche de quelques minutes doit passer avant tout devis de travaux. Elle ne sauvera pas un logement réellement énergivore, mais elle règle les cas limites.
2. Le calendrier d'interdiction de location
Le législateur a fixé un calendrier progressif qui rend non décents les logements les plus énergivores. Le critère de performance énergétique minimale s'ajoute aux critères classiques de décence prévus par le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002, dont l'article 3 bis porte aujourd'hui le calendrier.
2.1 Métropole : 2025, 2028 puis 2034
Depuis le 1er janvier 2023, un logement consommant plus de 450 kWh/m²/an d'énergie finale ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail. Attention à ne pas confondre : en 2023 et en 2024, le critère de décence était bien ce seuil de consommation, pas une classe du DPE.
C'est depuis le 1er janvier 2025 que la classe G elle-même rend le logement non décent, comme le confirme la fiche officielle sur les obligations du bailleur et le logement décent. Le 1er janvier 2028, l'interdiction s'étendra aux logements F. Le 1er janvier 2034, aux logements E.
2.2 Quelles locations sont visées
C'est la question qui revient le plus souvent dans ma boîte mail. La réponse est plus large qu'on ne l'imagine. L'interdiction vise toutes les locations de résidence principale, nues comme meublées. Le statut du bail ne protège de rien : un bail non meublé de trois ans et un bail meublé d'un an sont logés à la même enseigne. La colocation ne change rien non plus.
Elle couvre trois moments, pas seulement la signature d'un nouveau bail :
Un bail en cours ne devient donc pas caduc du jour au lendemain. Mais il ne peut plus se prolonger au-delà de son terme. Le locataire peut, dès maintenant, exiger des travaux de mise en conformité. Un meublé relevant du Code civil, loué en résidence secondaire, échappe au calendrier, mais le DPE reste dû.
2.3 Outre-mer : un calendrier décalé
Les départements et régions d'outre-mer suivent un calendrier propre, qui tient compte du climat tropical et du déploiement plus tardif du DPE adapté. En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte, la classe G est concernée à partir du 1er janvier 2028 et la classe F à partir du 1er janvier 2031.
2.4 Tableau récapitulatif
| Échéance | Métropole | Outre-mer |
|---|---|---|
| 1er janvier 2023 | Plus de 450 kWh/m²/an interdit | Non applicable |
| 1er janvier 2025 | Classe G interdite | Non applicable |
| 1er janvier 2028 | Classe F interdite | Classe G interdite |
| 1er janvier 2031 | Non applicable | Classe F interdite |
| 1er janvier 2034 | Classe E interdite | Non applicable |
3. Le gel des loyers des classes F et G
Depuis le 24 août 2022 en métropole et depuis le 1er juillet 2024 outre-mer, le loyer d'un logement classé F ou G est gelé. La mesure, instaurée par la loi Climat et Résilience, va plus loin qu'on ne le croit : elle ne se contente pas d'interdire une hausse décidée par le bailleur, elle neutralise aussi l'indexation automatique.
Trois interdictions se cumulent, détaillées par la fiche sur l'augmentation du loyer en cours de bail :
- la révision annuelle par l'IRL ne peut pas s'appliquer, même si une clause de révision figure au bail ;
- l'augmentation au renouvellement est interdite, y compris pour rattraper un loyer manifestement sous-évalué ;
- le complément de loyer est interdit en zone d'encadrement, quelle que soit la qualité du logement.
Si vous voulez comprendre la mécanique de la révision dans le cas général, mon guide sur la révision du loyer par l'IRL détaille le calcul et les conditions de validité de la clause. Ce que vous abandonnez chaque année est parfaitement chiffrable : au 3e trimestre 2026, l'indexation valait 1,57 %, soit près de 150 € par an sur un loyer de 800 €.
Sur le complément de loyer, l'actualité compte : l'expérimentation de l'encadrement du niveau des loyers s'éteint fin novembre 2026 faute de vote. Cela ne changerait rien au gel lui-même, qui tient au DPE et non à l'encadrement, mais cela retirerait le plafond en euros par mètre carré.
Le gel vaut tant que le logement n'a pas atteint la classe E ou mieux. Une fois ce seuil franchi et constaté par un nouveau DPE, la révision redevient possible, mais uniquement pour l'avenir. Vous ne rattrapez pas les années perdues. C'est ce qui rend l'attente coûteuse : différer les travaux de trois ans sur un bail à 800 €, c'est renoncer à plusieurs centaines d'euros de loyer annuel définitivement acquis.
4. Que se passe-t-il si vous louez quand même ?
Mettre en location un logement interdit expose à des risques juridiques et financiers réels. Sur le plan civil, le locataire peut saisir le juge des contentieux de la protection sur le fondement de la non-décence. Le juge peut prononcer la réduction du loyer, la suspension de son paiement ou la condamnation du bailleur à réaliser les travaux sous astreinte.
Le locataire peut aussi solliciter des dommages et intérêts pour le préjudice subi, en particulier le surcoût de chauffage. La Caisse d'allocations familiales peut suspendre le versement des aides au logement si le bien est jugé indécent, ce qui laisse le bailleur sans la part de loyer qu'elle versait directement.
Il existe un risque plus discret et plus fréquent. L'annonce de location doit porter les étiquettes énergie et climat, le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie avec son année de référence, puis la mention « logement à consommation énergétique excessive » si le logement est classé F ou G. Cette obligation vaut aussi pour un particulier qui publie lui-même son annonce. Une information fausse ou absente expose à une amende administrative pouvant aller jusqu'à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.
Enfin, les conséquences patrimoniales sont tangibles, même si je me garde d'avancer un pourcentage de décote : une mauvaise étiquette restreint le nombre d'acquéreurs, complique l'obtention d'un prêt et devient un argument de négociation. Pour replacer la question dans une stratégie d'ensemble, mon guide bien louer en tant que bailleur particulier et le guide du bailleur donnent le cadre.
5. Quels travaux pour gagner une classe ?
Sortir un logement de la classe G demande rarement une rénovation totale. Deux ou trois postes bien choisis suffisent souvent. Le bon réflexe, avant tout devis, est de passer par un conseiller France Rénov', dont le service est public et gratuit.
Attention à une confusion courante : l'audit énergétique n'est pas un outil de préparation de chantier, c'est une obligation de vente. Il s'impose depuis le 1er avril 2023 pour la vente d'une maison individuelle ou d'un immeuble en monopropriété classé F ou G. Il s'étendra à la classe E au 1er janvier 2028, puis à la classe D au 1er janvier 2034, comme le précise la fiche officielle sur l'audit énergétique à la vente. Pour planifier des travaux, c'est l'accompagnement France Rénov' qu'il faut solliciter.
5.1 Isolation des combles et des murs
L'isolation est presque toujours le premier levier, parce qu'elle agit sur le besoin et non sur la façon de le couvrir. L'isolation des combles perdus est le geste au meilleur rapport entre coût et gain : le toit est le premier poste de déperdition d'un logement ancien mal isolé. Vient ensuite l'isolation des murs, par l'intérieur (ITI) ou par l'extérieur (ITE). L'ITE est plus performante mais plus coûteuse et soumise à autorisation d'urbanisme. L'isolation du plancher bas complète le dispositif pour les logements sur cave ou vide sanitaire.
5.2 Changement du système de chauffage
Remplacer une chaudière fioul ou un convecteur ancien par une pompe à chaleur air/eau ou une chaudière à granulés fait souvent gagner plusieurs classes, surtout quand c'est le critère CO2 qui plombe l'étiquette. En logement collectif avec chauffage commun, la marge individuelle est limitée et passe par l'assemblée générale. Tant que la chaudière existante reste en service, son entretien annuel demeure obligatoire et conditionne la prise en charge d'un sinistre.
5.3 Ventilation et menuiseries
Une VMC hygroréglable améliore le confort et limite les pathologies de l'humidité, qui est elle-même un critère de décence. Le remplacement des fenêtres par du double vitrage performant est utile mais rarement suffisant à lui seul pour faire basculer une classe : il se pense en complément de l'isolation, pas à sa place.
5.4 Les aides : ce que je peux affirmer et ce que je ne peux pas
MaPrimeRénov', distribuée par l'Agence nationale de l'habitat, reste la principale aide et les propriétaires bailleurs y sont éligibles. Elle se décline en un parcours par geste pour des travaux isolés et un parcours accompagné pour les rénovations d'ampleur. Les certificats d'économies d'énergie versés par les fournisseurs complètent le plan de financement, tout comme la TVA réduite à 5,5 % sur les travaux de performance énergétique.
L'éco-prêt à taux zéro est le seul montant que je cite ici sans réserve, parce que son plafond est stable et vérifiable : jusqu'à 50 000 € pour une rénovation globale, sans condition de ressources, ouvert au propriétaire bailleur pour un logement loué en résidence principale achevé depuis plus de deux ans.
Pour les barèmes de MaPrimeRénov', je ne donnerai pas de chiffre. Les plafonds et les travaux éligibles bougent plusieurs fois par an et un montant recopié ailleurs a toutes les chances d'être faux le jour où vous le lisez. Le seul réflexe fiable est de vérifier sur France Rénov' ou auprès d'un conseiller avant de signer un devis. Il existe par ailleurs une aide spécifique aux logements indignes ou indécents, Ma Prime Logement Décent, qui concerne directement les bailleurs visés par le calendrier.
Un mot sur Loc'Avantages, souvent présenté comme la solution fiscale du bailleur vertueux : la convention Anah donne droit à une réduction d'impôt en contrepartie d'un loyer plafonné, sur un engagement de six ans renouvelable par périodes de trois ans. Mais les classes F et G en sont exclues. Sans travaux, le logement doit être classé A à E. Avec travaux, A à D. Autrement dit, c'est une récompense d'après rénovation, jamais un financement d'avant chantier.
Au régime réel foncier, ces travaux restent déductibles de vos revenus fonciers et peuvent créer un déficit imputable sur votre revenu global. Selon que vous louez en nu, en meublé ou via une société, le traitement diffère sensiblement : mon comparatif SCI ou LMNP éclaire la décision quand la rénovation s'inscrit dans une stratégie patrimoniale. Et si le bien est destiné à la location courte durée, le DPE commande aussi l'autorisation de changement d'usage, premier obstacle du meublé de tourisme.
6. Ce que coûte réellement un saut de classe
Reste la question qui décide de tout : combien, pour quel gain. Les fourchettes ci-dessous sont des ordres de grandeur avant aides, observés sur un appartement de 60 m². Elles servent à cadrer une réflexion, pas à remplacer trois devis. Les écarts réels entre régions et entre entreprises sont considérables.
| Poste de travaux | Ordre de grandeur, avant aides | Effet attendu sur l'étiquette | Aides à vérifier |
|---|---|---|---|
| Isolation des combles perdus | Quelques milliers d'euros | Fort, pour un coût faible | MaPrimeRénov', CEE, TVA 5,5 % |
| Remplacement du chauffage | Poste le plus lourd | Fort, surtout sur le critère CO2 | MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ |
| VMC hygroréglable | Modéré | Confort et humidité d'abord | CEE |
| Isolation des murs par l'intérieur | Élevé | Net, variable selon le bâti | MaPrimeRénov', éco-PTZ |
| Double vitrage performant | Élevé | Faible seul, utile en complément | CEE, TVA 5,5 % |
| Rénovation d'ampleur | Très élevé | Deux classes et plus | Parcours accompagné, éco-PTZ jusqu'à 50 000 € |
Deux enseignements. Le premier : rapporté au coût, l'isolation des combles reste le geste le plus efficace. Le second, moins intuitif : sortir un logement de la classe G demande rarement une rénovation complète, deux postes bien choisis suffisent souvent. Un accompagnateur agréé permet de le vérifier avant d'engager la dépense.
Pensez enfin à la mécanique fiscale. Au régime réel, ces travaux sont déductibles de vos revenus fonciers et le déficit s'impute sur le revenu global dans des limites fixées par le code général des impôts, relevées pour les travaux de sortie de passoire thermique. L'ADEME publie des outils d'estimation du gain énergétique, utiles pour lire un devis d'un œil critique. Et avant de lancer le chantier, posez les chiffres dans le simulateur de rendement locatif : un saut de classe qui débloque trois ans d'indexation ne se juge pas sur le seul montant du devis.
7. Les exceptions au gel et à l'interdiction
La règle admet des exceptions limitées, prévues par les textes d'application de la loi Climat et Résilience. Première situation : les contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales qui rendent impossible l'atteinte du niveau requis. C'est le cas des bâtiments classés ou inscrits au titre des monuments historiques et des immeubles situés en site patrimonial remarquable où l'isolation par l'extérieur est proscrite.
Deuxième situation : le refus de l'assemblée générale de copropriété. Si les travaux nécessaires relèvent de la décision collective (isolation des façades, remplacement du chauffage collectif) et que l'AG les refuse, vous pouvez justifier votre incapacité à atteindre la classe requise. Il faudra prouver vos démarches : convocations, résolutions inscrites à l'ordre du jour, procès-verbaux.
Troisième situation : le coût manifestement disproportionné des travaux rapporté à la valeur du bien. Ce critère, plus subjectif, suppose une expertise et un dossier solide.
Dans les trois cas, l'exception ne se décrète pas, elle se documente. Conservez audits, devis refusés, courriers du syndic et procès-verbaux. Ce sont ces pièces, pas votre bonne foi, qui tiendront devant un juge.
8. Les bonnes pratiques avant de louer
Avant de signer un bail, cinq réflexes suffisent à sécuriser le dossier.
Vérifiez d'abord si le nouveau calcul 2026 vous concerne. Logement électrique classé G ou F, DPE établi avant le 1er janvier 2026 : demandez l'attestation actualisée avant toute autre démarche.
Commandez un DPE à jour auprès d'un diagnostiqueur certifié, dont la certification se vérifie sur l'annuaire officiel du ministère. Un diagnostic non certifié n'est pas opposable.
Calez votre calendrier sur votre zone. Classé F en métropole, vous avez jusqu'au 1er janvier 2028. Classé E, jusqu'en 2034. Outre-mer, ajoutez trois ans. Noter cette échéance quelque part est le minimum : c'est exactement ce que je fais suivre par le dossier du logement dans RentLabs, avec le DPE et sa date d'expiration rangés à côté du bail.
Soignez l'annonce. Étiquettes énergie et climat, estimation des dépenses annuelles d'énergie, mention de consommation excessive en F ou G. C'est le manquement le plus facile à constater et le plus bête à payer.
Profitez d'un changement de locataire pour faire les travaux. C'est le moment le plus simple administrativement : pas d'occupant à reloger, pas de nuisance à gérer. L'état des lieux de sortie fixe l'état d'avant chantier. Pensez à vérifier que votre assurance propriétaire non occupant couvre la période de vacance, souvent plus longue que prévu. Si c'est vous qui reprenez le logement, les règles de forme du congé au locataire ne souffrent aucune approximation : un congé mal motivé est un congé nul.
Côté impôt local, certaines communes votent une exonération temporaire de taxe foncière pour les logements ayant fait l'objet de travaux d'économie d'énergie importants. Renseignez-vous en mairie avant le chantier, puis pensez à ajuster votre mensualisation si l'exonération tombe.
Questions fréquentes
Mon logement est classé G, mon locataire est en place depuis 2019. Dois-je le faire partir ?
Non. Vous ne le pouvez pas pour ce motif. Un bail en cours se poursuit normalement. L'interdiction frappe la signature d'un nouveau bail, le renouvellement et la reconduction tacite. En revanche, votre locataire peut d'ores et déjà vous demander des travaux de mise en conformité et saisir le juge en cas de refus. À l'échéance du bail, vous ne pourrez ni le renouveler ni le laisser se reconduire tacitement sans avoir atteint au moins la classe F.
L'interdiction s'applique-t-elle aux meublés ?
Oui. Toutes les locations de résidence principale sont visées, nues comme meublées. Le bail meublé d'un an, le bail mobilité et la colocation ne bénéficient d'aucune dérogation. Seules les locations qui ne constituent pas la résidence principale du locataire, comme un meublé de tourisme ou une location saisonnière relevant du Code civil, échappent au calendrier.
Puis-je augmenter le loyer d'un logement classé F ?
Non, dans aucune des trois configurations. Pas de révision annuelle par l'IRL, même avec une clause au bail. Pas d'augmentation au renouvellement, même si le loyer est manifestement sous-évalué. Pas de complément de loyer en zone d'encadrement. Le gel s'applique depuis le 24 août 2022 en métropole et depuis le 1er juillet 2024 outre-mer. Il dure tant que le logement n'a pas atteint au moins la classe E.
Mon DPE date de 2022 et le calcul a changé en 2026. Dois-je en refaire un ?
Pas nécessairement. Un DPE établi depuis le 1er juillet 2021 reste valable dix ans. Si votre logement utilise l'électricité pour le chauffage, l'eau chaude ou l'éclairage, vous pouvez obtenir gratuitement une attestation tenant compte du nouveau coefficient, sans qu'un diagnostiqueur repasse. L'étiquette peut y gagner une classe. Elle ne peut pas en perdre.
L'audit énergétique est-il obligatoire pour louer ?
Non. L'audit énergétique est une obligation de vente, pas de location. Il s'impose depuis le 1er avril 2023 pour céder une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété classé F ou G, puis pour la classe E à partir du 1er janvier 2028. Pour louer, seul le DPE est exigé. Pour préparer des travaux, l'accompagnement France Rénov' est le bon interlocuteur.
Que risque un bailleur qui loue malgré l'interdiction ?
Le bail n'est pas nul de plein droit, mais le logement est juridiquement indécent. Le locataire peut obtenir en justice une réduction ou une suspension du loyer, la réalisation des travaux sous astreinte et des dommages et intérêts. La CAF peut suspendre les aides au logement. S'y ajoute, si l'annonce omettait les mentions énergétiques obligatoires, une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour un particulier.
Combien de temps me reste-t-il si mon logement est classé F ?
Jusqu'au 31 décembre 2027 en métropole, puisque l'interdiction prend effet le 1er janvier 2028. Outre-mer, jusqu'au 31 décembre 2030. Compte tenu des délais de devis, de subvention et de chantier, lancer la réflexion deux ans avant l'échéance n'a rien d'excessif.
En résumé
- La classe G est interdite à la location depuis le 1er janvier 2025 en métropole. La F suit au 1er janvier 2028, la E au 1er janvier 2034. Outre-mer, G en 2028 et F en 2031.
- En 2023 et 2024, le critère n'était pas une classe mais un seuil de 450 kWh/m²/an d'énergie finale. C'est depuis 2025 que la classe G rend le logement non décent.
- Toutes les locations de résidence principale sont visées, nues comme meublées, à la signature, au renouvellement et à la reconduction tacite.
- Le loyer des F et G est gelé depuis le 24 août 2022 : ni révision IRL, ni hausse au renouvellement, ni complément de loyer.
- Le coefficient électricité est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, puis 1,7 en 2027. Une attestation actualisée gratuite peut faire gagner une classe à un logement électrique.
- L'audit énergétique est une obligation de vente, pas de location. Pour les travaux, le bon interlocuteur est France Rénov'.
- Les montants d'aide bougent trop vite pour être recopiés. Seul l'éco-PTZ, plafonné à 50 000 € pour une rénovation globale, se cite sans réserve.
- Le DPE collectif de votre immeuble est obligatoire depuis le 1er janvier 2026, toutes tailles de copropriété confondues. Il annonce les travaux des cinq prochaines années bien mieux qu'une estimation : voyez mon guide de la copropriété pour le bailleur.
- Les exceptions existent (contrainte patrimoniale, refus d'AG, coût disproportionné) mais elles se documentent pièce par pièce.
Anticiper la rénovation n'est plus un choix de bon élève, c'est la condition de survie d'un investissement locatif. Pour un cabinet qui suit des dizaines de diagnostics à des échéances différentes, la question devient organisationnelle avant d'être technique : j'ai traité ce cas dans mon guide de la digitalisation d'une petite agence. Et puisque tout cela se joue sur des dates, des annexes et des justificatifs à retrouver trois ans plus tard, autant qu'ils vivent au même endroit que le bail : c'est précisément ce que fait RentLabs, dont vous pouvez tester les fonctionnalités en créant un compte gratuit. Si votre situation sort des cas décrits ici, écrivez-moi via la page contact, je réponds moi-même.
