Mettre fin à un bail à son échéance suppose côté bailleur de respecter un cadre légal précis. Contrairement au locataire qui peut partir librement avec un simple préavis, le bailleur ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail et uniquement pour l'un des trois motifs autorisés par l'article 15-I de la loi du 6 juillet 1989. Cette règle protège le locataire contre les départs forcés sans raison et lui assure une vraie stabilité.
Le premier motif est la reprise du logement pour y habiter, soit par le bailleur lui-même, soit par un proche désigné. Le proche doit appartenir à un cercle familial restreint : conjoint ou partenaire pacsé, ascendant ou descendant direct ou ceux du conjoint. Le congé doit nommer expressément le bénéficiaire et le lien de parenté. Si le bailleur reprend pour lui-même mais ne s'y installe finalement pas, le locataire évincé peut obtenir des dommages-intérêts.
Le second motif est la vente du logement. Pour une location vide, il ouvre automatiquement au locataire un droit de préemption prioritaire (article 15-II). Le bailleur doit indiquer dans la lettre le prix et les conditions de la vente projetée. Le locataire dispose de deux mois pour exercer ce droit en acceptant l'offre. S'il refuse ou ne répond pas, le bailleur peut vendre librement à un tiers, mais à un prix au moins équivalent. Si le prix baisse de plus de 10 % par la suite, le bailleur doit reproposer au locataire à ce nouveau prix. Pour une location meublée, il n'existe pas de droit de préemption automatique, ce qui simplifie la procédure côté bailleur.
Le troisième motif est le motif légitime et sérieux. Il couvre les manquements graves du locataire à ses obligations : retards de paiement répétés, troubles de voisinage avérés, dégradations importantes, sous-location non autorisée. Le motif doit être précisément décrit dans la lettre, idéalement étayé par des pièces (mises en demeure antérieures, plaintes du voisinage, constats). Un motif trop vague ou non documenté expose à la nullité du congé. Pour les loyers impayés en particulier, la procédure dédiée par la clause résolutoire reste souvent plus efficace que le congé pour fin de bail.
Côté délai, le préavis du bailleur est de six mois minimum avant la date d'échéance du bail pour une location vide et de trois mois pour une location meublée. Ce délai ne se compte pas en jours mais en mois pleins, à compter de la date de première présentation par La Poste de la lettre recommandée et non de la date d'expédition. Une lettre envoyée trop tard se traduit par la reconduction tacite du bail pour une nouvelle période, soit trois ou six ans côté location vide selon que le bailleur est une personne physique ou morale, soit un an côté location meublée. Le bailleur devra alors attendre la prochaine échéance pour réessayer. C'est pour éviter ce piège qu'une planification anticipée du congé est indispensable.
Côté forme, la lettre doit être envoyée en LRAR, par acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé daté et signé par le locataire. L'email seul n'a aucune valeur légale, même avec accusé de lecture. Le motif doit être expressément mentionné, accompagné de l'identité du bénéficiaire de la reprise s'il y a lieu ou du prix de vente s'il s'agit d'une cession. Une protection renforcée s'applique aux locataires de plus de 65 ans dont les ressources sont inférieures à un seuil fixé annuellement : le bailleur doit alors proposer un relogement adapté, sauf s'il est lui-même âgé de plus de 65 ans ou dispose de revenus modestes.
Pour un bailleur qui gère plusieurs biens, ces procédures finissent par s'accumuler. Suivre les échéances de chaque bail, calculer les délais de préavis, rédiger les lettres avec les bonnes mentions, planifier les états des lieux de sortie et calculer la restitution du dépôt : autant d'étapes que RentLabs centralise dans un seul outil. Le suivi des fins de bail est intégré, les lettres sont pré-rédigées avec les bonnes mentions et l'état des lieux de sortie s'enchaîne juste après la fin du préavis. Pour le congé du locataire (sens inverse de cette page), consultez aussi notre modèle de préavis locataire.
Un congé pour vente se prépare avec un chiffre en tête. Notre simulateur de plus-value immobilière calcule ce que l'impôt prendra sur le gain, abattements de durée compris. Le calcul des frais de notaire rappelle ce que vous aviez payé à l'achat, déductible à la revente. Si vous hésitez encore à vendre, comparez avec le cash-flow que le bien vous dégage encore chaque mois.