La location meublée a longtemps été perçue comme un statut souple, presque dérogatoire. Depuis la loi ALUR de 2014 et les décrets de 2015, elle est encadrée presque aussi strictement que la location nue, avec un contrat type imposé par le décret du 29 mai 2015 et une liste de mobilier minimum fixée par le décret du 31 juillet 2015. Onze catégories d'équipements doivent être présentes pour que le logement soit qualifié de meublé : literie, occultation des fenêtres dans les chambres, plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur avec compartiment congélation, vaisselle, ustensiles de cuisine, table et sièges, étagères de rangement, luminaires dans toutes les pièces et matériel d'entretien adapté. À défaut, un juge peut requalifier la location en nue avec effet rétroactif, ce qui bouleverse la fiscalité du bailleur et la durée du bail.
La durée standard du bail meublé est de un an, tacitement reconductible. Pour les étudiants, une variante de neuf mois existe sans reconduction tacite, ce qui correspond au calendrier universitaire et évite les loyers vacants pendant l'été. Pour les publics en mobilité (stagiaires, professionnels en mission, formation, mutation), le bail mobilité de un à dix mois maximum, créé par la loi ELAN, offre une grande souplesse sans dépôt de garantie obligatoire. Le préavis du locataire est de un mois en bail meublé classique et étudiant, contre trois mois en bail nu, ce qui simplifie le départ. Le préavis du bailleur reste de trois mois, motivé (reprise pour habiter, vente, motif sérieux). Pour un panorama complet des modes de fin de bail, voyez aussi notre modèle de lettre de préavis.
Fiscalement, la location meublée bascule dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), distincte des revenus fonciers de la location nue. Deux régimes coexistent. Le micro-BIC, accessible tant que les recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 €, applique un abattement forfaitaire de 50 % sans nécessiter de tenir une comptabilité détaillée. Le régime réel, obligatoire au-delà ou sur option, permet de déduire les charges réelles et surtout d'amortir le bien et le mobilier sur leur durée d'usage, ce qui réduit fortement voire annule l'impôt pendant plusieurs années. Le statut LMNP (loueur en meublé non professionnel) s'applique par défaut. Le statut LMP, plus contraignant et plus avantageux dans certains cas, exige des recettes meublées supérieures à 23 000 € et représentant plus de la moitié des revenus du foyer. Pour creuser le sujet, notre page dédiée au LMNP détaille les choix et les implications.
Le dépôt de garantie est plafonné à deux mois de loyer hors charges en bail meublé, contre un mois en bail nu. Cette latitude se justifie par le risque accru de dégradation du mobilier. La restitution doit intervenir sous un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée ou deux mois maximum si des retenues sont justifiées. Au-delà, des intérêts moratoires de 10 % par mois sont dus au locataire. L'état des lieux contradictoire est donc une pièce maîtresse, à compléter avec un inventaire mobilier détaillé qui mentionne l'état de chaque élément, idéalement photos à l'appui.
Pour les bailleurs qui louent plusieurs biens, refaire le contrat à chaque entrée, ressaisir les coordonnées, recalculer le prorata du premier mois, joindre les bons diagnostics et l'inventaire et faire signer en présentiel finit par peser. Une plateforme comme RentLabs génère le bail directement depuis les données déjà saisies, propose les quatre variantes (meublé classique, étudiant, mobilité, colocation meublée), intègre la signature électronique acceptée par les deux parties et chaîne ensuite les quittances automatiques. Le temps gagné se compte en heures dès le deuxième bail.
Le meublé se choisit rarement par hasard : il rapporte 10 à 20 % de plus qu'une location nue pour un même logement. Notre calcul de rendement locatif chiffre l'écart avec l'amortissement LMNP, le cash-flow mensuel montre ce qu'il reste réellement chaque mois et le calculateur d'intérêts composés permet de comparer ce placement à une épargne classique.