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Dépôt de garantie : montant légal, retenues et restitution en 2026

Combien demander, ce que vous pouvez retenir et le délai pour rendre le dépôt de garantie sans déclencher la pénalité de 10 %. Règles claires, exemple chiffré et checklist pour le bailleur.

Rémi DumasRémi DumasFondateur de RentLabs20 juillet 20268 min de lecture

Le dépôt de garantie ressemble à un détail administratif jusqu'au jour où il tourne au litige. Un locataire qui réclame son argent, un bailleur persuadé de pouvoir tout garder, un délai qui file : le sujet concentre une bonne partie des tensions de fin de bail. Les règles sont pourtant simples une fois posées. Les respecter protège autant le propriétaire que le locataire.

Ce guide fait le tour de la question pour une location d'habitation. Combien vous pouvez demander, ce que le dépôt couvre vraiment, dans quel délai le rendre et quelles sommes vous avez le droit de retenir. Le tout avec un exemple chiffré et une checklist à garder sous la main.

Vous ne fixez pas le dépôt librement. Son montant dépend du type de location et il est plafonné par la loi.

  • En location vide (bail nu d'habitation), le dépôt ne peut pas dépasser un mois de loyer hors charges. C'est le plafond posé par l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989.
  • En location meublée, le plafond monte à deux mois de loyer hors charges depuis la loi ALUR.

Le calcul se fait toujours sur le loyer nu, sans les provisions pour charges. Pour un logement loué 700 € de loyer plus 50 € de charges, le dépôt maximum est de 700 € en nu et de 1 400 € en meublé, jamais davantage.

Plafond du dépôt de garantie
Location vide
1 mois
Location meublée
2 mois
Plafond calculé sur le loyer hors charges (article 22 de la loi du 6 juillet 1989).

Un point souvent oublié en location vide : le dépôt d'un mois ne se révise jamais en cours de bail, même si le loyer augmente. Il reste figé au montant inscrit à la signature. Si vous hésitez encore sur le régime à appliquer, nos guides du bail non meublé et du bail meublé détaillent les mentions obligatoires du contrat.

2. Ce que le dépôt de garantie n'est pas

Deux confusions reviennent sans cesse et créent la plupart des conflits.

Première confusion : le dépôt n'est pas le dernier loyer. Un locataire qui décide de ne pas payer son dernier mois en disant "vous n'avez qu'à prendre sur le dépôt" est en tort. Le dépôt sert à couvrir d'éventuels manquements constatés à la sortie, pas à solder un loyer. Si le locataire procède ainsi, vous conservez votre créance de loyer et devez tout de même traiter la restitution du dépôt à part.

Deuxième confusion : le dépôt n'est pas une réserve de travaux. Vous ne pouvez pas y piocher pour rénover le logement ou l'améliorer. Il ne couvre que ce qui relève de la responsabilité du locataire, comparé à l'état constaté à son arrivée.

C'est précisément là que l'état des lieux devient central. Sans état des lieux d'entrée, la loi présume que le locataire a reçu le logement en bon état, ce qui rend presque impossible toute retenue justifiée. Notre guide de l'état des lieux obligatoire détaille le contenu et le formalisme à respecter des deux côtés.

3. Le délai de restitution : un mois ou deux mois

La règle de restitution tient en deux chiffres, tous deux fixés par l'article 22.

  • Un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée. Aucune dégradation, aucune somme due : vous rendez l'intégralité du dépôt dans le mois qui suit la remise des clés.
  • Deux mois s'il existe des différences entre l'entrée et la sortie. Ce délai plus long vous laisse le temps de chiffrer les réparations sur devis ou facture.

Le point de départ du délai est la remise des clés, pas la fin théorique du bail. Un locataire qui rend les clés le 5 du mois fait courir le délai à partir de cette date. Pensez à horodater cette remise, idéalement par écrit ou via l'état des lieux de sortie signé.

En copropriété, la loi vous autorise à conserver une provision de 20 % maximum du dépôt jusqu'à l'arrêté annuel des comptes de la copropriété, pour couvrir une éventuelle régularisation de charges. Le solde est régularisé dans le mois qui suit cet arrêté. Cette possibilité rejoint le sujet plus large de la régularisation des charges récupérables, à traiter proprement pour éviter tout malentendu.

4. Retenues autorisées et retenues interdites

C'est le coeur des litiges. Vous pouvez retenir des sommes, mais seulement si elles sont justifiées et prouvées. Voici la ligne de partage.

Vous pouvez retenir Vous ne pouvez pas retenir
Réparations locatives non faites (trous, dégradations, éléments cassés) Usure normale liée à une occupation raisonnable
Ménage si le logement est rendu sale, sur devis Vétusté d'un revêtement ou d'un équipement ancien
Loyers ou charges impayés dûment justifiés Un simple rafraîchissement de peinture après plusieurs années
Régularisation de charges après arrêté des comptes Des travaux d'amélioration du logement

La notion clé est la vétusté. Une moquette posée il y a huit ans, un joint de salle de bain jauni, une peinture défraîchie par le temps ne sont pas à la charge du locataire. Beaucoup de baux annexent désormais une grille de vétusté qui fixe, poste par poste, la part imputable au locataire selon l'âge de l'équipement. C'est un excellent réflexe pour objectiver la discussion et éviter le rapport de force.

Chaque retenue doit être appuyée par un justificatif : devis, facture, photo datée de l'état des lieux. Une retenue forfaitaire "à la louche" sans pièce est le meilleur moyen de perdre devant le juge et de devoir rembourser avec des intérêts.

5. La pénalité de 10 % par mois de retard

C'est la sanction que beaucoup de bailleurs découvrent trop tard. Si vous ne restituez pas le dépôt dans le délai légal, la somme due est majorée d'une pénalité de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé. La règle vaut aussi bien pour un retard total que pour une retenue jugée abusive.

Coût d'un retard sur un loyer de 800 € HC
1 mois de retard
80 €
3 mois de retard
240 €
6 mois de retard
480 €
Pénalité de 10 % du loyer hors charges par mois de retard commencé, en plus du dépôt à rendre.

Sur un loyer de 800 €, chaque mois de retard vous coûte 80 € qui s'ajoutent au dépôt à rendre. Un oubli de six mois se paie donc 480 € de pénalité, sans compter la dégradation de la relation. Le message est clair : tenir le délai n'est pas une politesse, c'est une protection financière directe.

6. Bien gérer le dépôt de garantie au quotidien

La théorie est simple. C'est le suivi dans la durée qui pose problème, surtout au-delà de deux ou trois logements. Il faut savoir, pour chaque bail, si le dépôt a bien été encaissé, quel montant a été perçu et à quelle date les clés ont été rendues pour lancer le bon délai. Un tableur finit toujours par se désynchroniser de la réalité.

C'est là qu'un outil de gestion prend tout son sens. RentLabs suit le dépôt de garantie bail par bail, signale s'il n'a pas encore été encaissé et le rattache au reste de votre comptabilité locative. L'application génère aussi l'état des lieux d'entrée et de sortie, pièce sans laquelle aucune retenue ne tient. Vous gardez ainsi la trace écrite qui fait toute la différence en cas de désaccord, sans ressaisir la moindre donnée. Cette logique s'inscrit dans une approche plus large de gestion locative sans agence, où chaque étape est outillée plutôt que bricolée.

La prévention commence d'ailleurs en amont. Un dossier locataire solide réduit fortement le risque de sortie conflictuelle. Nos conseils pour sélectionner son locataire et, si un impayé survient malgré tout, notre procédure en cas de loyer impayé complètent utilement ce guide.

Checklist du dépôt de garantie

Gardez ces sept réflexes en tête pour sécuriser chaque fin de bail.

  1. Fixer le dépôt dans le plafond légal (un mois en nu, deux mois en meublé, hors charges).
  2. Réaliser un état des lieux d'entrée détaillé et contradictoire.
  3. Conserver les justificatifs et photos datés dès l'arrivée du locataire.
  4. Faire un état des lieux de sortie comparé à celui d'entrée.
  5. Chiffrer toute retenue sur devis ou facture, jamais au forfait.
  6. Distinguer usure normale et vraie dégradation grâce à une grille de vétusté.
  7. Rendre le dépôt dans le délai d'un ou deux mois selon le cas, à compter de la remise des clés.

FAQ

Peut-on garder le dépôt de garantie si le locataire part sans préavis ?

Non, pas automatiquement. Un départ sans préavis vous donne droit au loyer jusqu'à la fin du préavis dû, mais le dépôt reste soumis aux règles de restitution habituelles. Vous pouvez retenir les loyers impayés justifiés sur le dépôt, à condition de les documenter clairement.

Le dépôt de garantie doit-il être placé sur un compte séparé ?

Pour une location d'habitation classique entre particuliers, la loi n'impose pas de compte séquestre dédié. Vous conservez la somme, mais vous restez tenu de la restituer dans les délais. La rigueur du suivi remplace ici l'obligation formelle de compte séparé.

Que faire si le locataire conteste une retenue ?

Présentez vos justificatifs : état des lieux comparé, devis, factures, photos datées. Si le désaccord persiste, la commission départementale de conciliation offre une voie amiable et gratuite avant tout tribunal. Un dossier bien documenté se règle presque toujours à ce stade.

Le dépôt de garantie est-il obligatoire ?

Non, il n'est pas obligatoire, mais il est vivement recommandé. Rien ne vous oblige à en demander un, en revanche un dépôt bien encadré reste votre première protection contre les dégradations et les petits impayés de fin de bail.

Bien gérer le dépôt de garantie, c'est surtout une question de méthode et de traces écrites. Fixez le bon montant, appuyez chaque décision sur un état des lieux solide et tenez le délai de restitution. Pour piloter vos baux, vos dépôts et vos états des lieux au même endroit, créez votre compte propriétaire RentLabs et reprenez la main sur votre gestion locative dès aujourd'hui.

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