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État des lieux obligatoire : le guide complet 2026

EDL d'entrée et de sortie, contenu obligatoire, photos, vétusté, conséquences en cas d'absence. La méthode complète pour un état des lieux qui protège le propriétaire.

L'équipe RentLabs · Rédaction juridique20 juillet 20259 min de lecture

L'état des lieux obligatoire est sans doute le document le plus sous-estimé du dossier locatif. Sur le papier, il s'agit d'une simple description du logement à l'entrée et à la sortie du locataire. Dans les faits, c'est la pièce maîtresse qui détermine si vous pourrez, en fin de bail, retenir tout ou partie du dépôt de garantie pour financer des réparations. Un état des lieux bâclé, illisible ou absent se retourne presque systématiquement contre le propriétaire, qui se retrouve dans l'incapacité de prouver l'état initial du bien. Ce guide 2026 vous explique précisément ce qu'impose la loi, comment réaliser un état des lieux opposable, comment intégrer la vétusté et quels pièges évitent les bailleurs aguerris. Que vous gériez un studio ou un parc de plusieurs lots, la méthode reste la même : rigueur, exhaustivité et conservation des preuves.

Pourquoi l'état des lieux est obligatoire (et ce qui se passe sans)

L'obligation est posée par l'article 3-2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, qui régit l'ensemble des baux d'habitation à titre de résidence principale, qu'ils soient vides ou meublés. Le texte est clair : un état des lieux doit être établi à la remise des clés au locataire, puis à leur restitution. Il est annexé au contrat de bail et fait juridiquement partie intégrante du dossier locatif. Pour bien comprendre les obligations qui encadrent chaque type de location, vous pouvez consulter notre guide sur le bail meublé conforme ou celui dédié aux bail non meublé règles.

Que se passe-t-il si vous n'établissez pas d'état des lieux ? La sanction est redoutable : l'article 1731 du Code civil pose une présomption simple selon laquelle le locataire est réputé avoir reçu le logement en bon état de réparations locatives. Autrement dit, si vous ne pouvez produire d'EDL d'entrée, le locataire est présumé l'avoir reçu impeccable, et toute dégradation constatée en fin de bail ne pourra pas lui être imputée. Vous perdez alors tout droit à retenue sur le dépôt de garantie pour ce motif.

Cette présomption ne joue toutefois que si le locataire n'a pas fait obstacle à l'établissement de l'état des lieux. Si vous avez convoqué le locataire et qu'il a refusé de se présenter, la présomption tombe, à condition d'avoir conservé les preuves de votre démarche (lettre recommandée, convocation par commissaire de justice). En pratique, mieux vaut anticiper et ne jamais remettre les clés sans un EDL signé. Sans état des lieux d'entrée, vous repartez avec un seul outil : une action en responsabilité contractuelle classique, beaucoup plus difficile à mener et nécessitant des preuves extérieures (photos antérieures, témoignages, factures de travaux récents). C'est dire à quel point ce document, qui prend deux heures à établir correctement, conditionne tout le contentieux locatif futur.

Quand et comment réaliser un état des lieux

EDL d'entrée : modalités, délai

L'état des lieux d'entrée se réalise le jour de la remise des clés. C'est une règle de bon sens autant qu'une obligation pratique : tant que l'EDL n'est pas signé, le locataire ne doit pas pouvoir occuper les lieux. Le logement doit être vide, propre, et l'éclairage doit fonctionner pour permettre une inspection sérieuse. Prévoyez au minimum une heure et demie pour un T2, davantage pour un logement plus grand ou meublé. La présence des deux parties est la règle, mais l'une comme l'autre peuvent se faire représenter par un mandataire muni d'un pouvoir écrit. Si vous gérez plusieurs biens, automatiser sa gestion permet de standardiser ces rendez-vous et d'éviter les oublis.

EDL de sortie : modalités, délai

L'EDL de sortie se réalise le jour de la restitution des clés, à l'issue du préavis. Le locataire doit avoir vidé entièrement les lieux et effectué les réparations locatives qui lui incombent au titre du décret n° 87-712 du 26 août 1987 : trous dans les murs, joints, petites peintures, remplacement des ampoules, etc. La comparaison se fait ligne à ligne avec l'EDL d'entrée. Toute dégradation au-delà de l'usage normal est notée, photographiée et chiffrée si possible. Pensez également à relever les compteurs et à récupérer l'intégralité des jeux de clés, badges et télécommandes remis à l'entrée.

EDL contradictoire : amiable, ou par commissaire de justice

Le principe est l'EDL contradictoire amiable, établi conjointement et signé par les deux parties. En cas de désaccord ou de refus de l'une des parties, la loi de 1989 prévoit le recours à un commissaire de justice (anciennement huissier). La partie qui souhaite faire constater convoque l'autre par lettre recommandée au moins sept jours à l'avance. Le coût du constat est partagé par moitié entre bailleur et locataire et est plafonné par décret. Cette procédure, plus formelle, produit un acte authentique difficilement contestable, ce qui peut justifier la dépense dans les dossiers à fort enjeu.

EDL numérique : signature électronique, valeur juridique

L'état des lieux numérique a la même valeur juridique qu'un EDL papier, à condition de respecter les exigences des articles 1366 et 1367 du Code civil : identification fiable du signataire et garantie de l'intégrité du document. Une signature électronique qualifiée ou avancée, horodatée, conforme au règlement eIDAS, remplit ces critères. L'EDL numérique présente plusieurs avantages : pré-remplissage à partir du bail, photos intégrées directement dans le document, archivage centralisé, partage immédiat avec le locataire. C'est aujourd'hui la solution privilégiée par les bailleurs professionnels et par les particuliers qui souhaitent gagner en fiabilité.

Le contenu obligatoire du document

Le contenu type de l'état des lieux est fixé par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016, pris en application de la loi ALUR. Aucune mention n'y est facultative, sous peine de fragiliser l'opposabilité du document.

Mentions légales (parties, adresse, date)

Le document doit identifier précisément le bailleur et le locataire (nom, prénom, domicile), désigner le logement (adresse complète, étage, numéro de lot s'il y a lieu) et mentionner la date d'établissement. Le type d'état des lieux (entrée ou sortie) doit apparaître clairement, ainsi qu'une référence au bail signé. Si le locataire a été choisir le bon locataire selon une procédure rigoureuse, ses coordonnées vous sont déjà connues et le pré-remplissage est immédiat.

Description pièce par pièce (revêtements, équipements)

Chaque pièce doit faire l'objet d'une description détaillée : sols (parquet, carrelage, moquette), murs (peinture, papier peint, état), plafonds, plinthes, portes, fenêtres, volets, prises électriques, interrupteurs, radiateurs. Pour chaque élément, l'état est qualifié (neuf, bon état, état d'usage, mauvais état) et tout défaut est consigné précisément (trou, tache, fissure, fonctionnement). Dans un logement meublé, l'inventaire détaillé du mobilier et des équipements (électroménager, vaisselle, literie) complète obligatoirement le document.

Compteurs (eau, élec, gaz)

Les index des compteurs d'eau, d'électricité et de gaz sont relevés et reportés sur le document. Cette mention est indispensable pour ouvrir les contrats au nom du locataire entrant et clôturer ceux du locataire sortant. Pensez à photographier les compteurs pour lever toute ambiguïté en cas de relève imprécise.

Clés et accès

Le nombre exact de jeux de clés remis est consigné, ainsi que tous les accès complémentaires : badge d'immeuble, télécommande de garage, clé de boîte aux lettres, clé de cave. À la sortie, le compte doit être strictement identique.

Photos datées

Depuis 2016, les photos sont expressément reconnues comme pouvant être annexées à l'état des lieux. Elles ne sont pas obligatoires en soi, mais leur absence est un risque majeur. Une photographie horodatée vaut mille descriptions textuelles devant un juge. Photographiez chaque pièce, chaque défaut, chaque équipement, chaque compteur, et annexez ces clichés à l'EDL.

Comprendre la vétusté et son rôle dans la restitution

La vétusté est l'usure normale du logement liée à l'écoulement du temps et à un usage conforme du locataire. Elle ne peut pas être facturée à ce dernier en fin de bail. La distinction entre vétusté et dégradation est l'un des principaux points de contentieux à la sortie.

La loi ALUR du 24 mars 2014 a introduit la possibilité d'annexer au bail une grille de vétusté contractuelle, qui définit pour chaque type de revêtement ou d'équipement une durée de vie théorique et un abattement annuel. Par exemple, une peinture murale peut être considérée comme amortie sur sept ans, avec un abattement linéaire de 14 % par an. Si le locataire occupe le logement quatre ans et qu'une remise en peinture coûte 1 200 euros, l'abattement de vétusté est de 56 %, soit 672 euros à la charge du bailleur, et seuls 528 euros peuvent être retenus sur le dépôt de garantie.

En l'absence de grille contractuelle, les juges raisonnent par analogie en se référant à des grilles de référence (grille VILOGI, grille SLRT) ou à l'usage. Annexer une grille au bail dès la signature est donc un réflexe vivement recommandé : elle objective la discussion en sortie et limite drastiquement les litiges. Pour les bailleurs souhaitant industrialiser cette démarche, un logiciel gestion locative intègre automatiquement le calcul de vétusté à partir des dates d'entrée et de sortie.

Les pièges à éviter

Premier piège : remettre les clés avant la signature de l'EDL. Une fois le locataire entré, vous perdez toute capacité à constater l'état initial. Deuxième piège : un EDL trop vague ("bon état général") qui ne permet aucune comparaison sérieuse. Soyez chirurgical sur chaque élément. Troisième piège : oublier les photos, ou les prendre sans horodatage vérifiable. Quatrième piège : ne pas annexer de grille de vétusté, ce qui transforme la sortie en bras de fer. Cinquième piège : refaire un EDL "à la louche" plusieurs jours après la remise des clés, ce qui ouvre la porte à toutes les contestations. Sixième piège : confier l'EDL à un tiers non mandaté. Si vous gérez à distance, optez plutôt pour la gestion locative sans agence outillée numériquement, ou mandatez expressément un commissaire de justice.

FAQ

L'EDL est-il vraiment obligatoire ? Oui, sans aucune exception pour les baux d'habitation à titre de résidence principale, en vertu de l'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989. Son absence vous prive de tout recours sur le dépôt de garantie au titre des dégradations.

Peut-on refuser de signer l'état des lieux ? Aucune des deux parties ne peut imposer sa signature à l'autre, mais le refus de signer un EDL exact n'a pas de portée juridique : le document reste opposable s'il a été régulièrement établi. En cas de blocage, le recours au commissaire de justice tranche définitivement la question.

Comment contester un état des lieux ? Le locataire dispose de dix jours à compter de la signature de l'EDL d'entrée pour demander une modification, par lettre recommandée. Pour les éléments de chauffage, le délai court pendant le premier mois de la période de chauffe. Au-delà, le document est considéré comme définitif.

Quels sont les délais légaux ? L'EDL d'entrée se fait le jour de la remise des clés, l'EDL de sortie le jour de la restitution. Le dépôt de garantie doit être restitué dans un délai d'un mois si l'EDL de sortie est conforme à celui d'entrée, deux mois en cas de retenues.

L'EDL numérique a-t-il la même valeur ? Oui, sous réserve d'une signature électronique fiable identifiant les parties et garantissant l'intégrité du document, conformément aux articles 1366 et 1367 du Code civil.

Que faire si le locataire est absent le jour de la sortie ? Convoquez-le par lettre recommandée au moins sept jours à l'avance, puis mandatez un commissaire de justice pour dresser le constat. Les frais sont partagés.

Peut-on retenir l'intégralité du dépôt de garantie sur la base de l'EDL ? Uniquement à hauteur des dégradations chiffrées et justifiées par devis ou facture, après application de la vétusté. Toute retenue forfaitaire est illicite.

Un EDL annexé au bail est-il un document distinct ? Juridiquement, l'EDL est annexé au bail mais constitue un document à part entière, distinct du contrat. Il peut être contesté, modifié dans le délai légal, ou remplacé en cas de relogement.

En résumé

L'état des lieux obligatoire est votre principal bouclier en cas de litige sur le dépôt de garantie. Réalisez-le le jour de la remise et de la restitution des clés, soyez exhaustif pièce par pièce, intégrez photos horodatées et grille de vétusté, et privilégiez le format numérique signé électroniquement. En cas de blocage, le commissaire de justice tranche. Bien fait, l'EDL ne coûte que deux heures de votre temps et vous évite des mois de contentieux. Générer mes états des lieux avec RentLabs pour produire un document conforme au décret de 2016, avec photos intégrées et grille de vétusté pré-paramétrée.

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