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On m'a souvent dit que louer soi-même était réservé aux initiés. En vérité, la difficulté n'est pas juridique, elle est organisationnelle : une mise en location, c'est une quinzaine d'obligations qui tombent chacune à son moment et rater le moment coûte plus cher que rater la règle. Un diagnostic périmé le jour de la signature, une révision de loyer demandée treize mois trop tard, une régularisation de charges jamais faite : ce sont les trois erreurs que je vois le plus souvent chez les bailleurs particuliers. Aucune des trois ne relève d'une subtilité de droit.
J'ai fait les trois. Je vous propose donc de dérouler le parcours dans l'ordre réel, du moment où vous récupérez les clés jusqu'à la troisième année du bail, avec à chaque étape la règle exacte et sa source. Si vous hésitez encore entre vous en occuper vous-même ou confier le mandat, j'ai comparé les deux approches dans mon guide de la gestion locative sans agence et dans celui des alternatives à l'agence immobilière.
1. Vérifier d'abord que le logement a le droit d'être loué
C'est l'étape qu'on saute. Elle conditionne pourtant tout le reste, parce qu'un logement non décent ne se loue pas valablement, quel que soit le soin apporté au bail.
Deux séries de critères s'appliquent. Les critères physiques d'abord : le logement doit comporter au moins une pièce principale de 9 mètres carrés sous une hauteur de plafond de 2,20 mètres ou, à défaut, un volume habitable de 20 mètres cubes. S'y ajoutent l'étanchéité, la ventilation, des garde-corps aux fenêtres, une installation électrique et gaz sûres, un chauffage, l'eau potable, l'évacuation des eaux usées, un coin cuisine avec évier, des sanitaires intérieurs. Un sous-sol ne peut pas être loué comme logement. La liste complète figure sur la fiche logement décent de service-public. Rien de tout cela ne s'applique si vous louez un emplacement de stationnement : la location d'un parking ou d'un garage échappe à la loi de 1989 et se contracte librement.
Le critère énergétique ensuite, qui est devenu le plus discriminant. Entre 2023 et 2024, le seuil était une consommation de 450 kWh par mètre carré et par an. Depuis le 1er janvier 2025, c'est la classe du DPE qui commande : un logement classé G n'est plus décent, donc plus louable. Les logements classés F suivront au 1er janvier 2028, les E au 1er janvier 2034.
Attention au périmètre, souvent mal compris : l'interdiction ne vise pas que les nouveaux baux. Elle couvre aussi les renouvellements et les reconductions tacites. Un bail signé en 2022 sur un logement classé G se retrouve donc concerné à son renouvellement. Mon guide du DPE et des passoires thermiques détaille les travaux qui font réellement gagner une lettre.
2. Réunir les diagnostics et surveiller leur date de péremption
Le dossier de diagnostic technique (DDT) s'annexe au bail à la signature et à chaque renouvellement. Il doit être établi par un diagnostiqueur certifié. Ce qui piège, ce n'est pas la liste, c'est la durée de validité : chaque pièce a la sienne et c'est la date de signature du bail qui fait foi.
| Diagnostic | Dans quel cas | Validité pour une location |
|---|---|---|
| DPE | Toujours, sauf logement occupé moins de 4 mois par an ou monument historique | 10 ans |
| CREP (plomb) | Logement construit avant le 1er janvier 1949 | Illimitée si le plomb est sous 1 mg/cm², sinon 6 ans |
| Électricité | Installation de plus de 15 ans | 6 ans |
| Gaz | Installation de plus de 15 ans | 6 ans |
| État des risques | Logement situé en zone à risque | 6 mois |
| Bruit | Logement dans un plan d'exposition au bruit d'aéroport | À jour à la signature |
| Amiante | Permis de construire antérieur au 1er juillet 1997 | Non annexé au bail, tenu à la disposition du locataire |
Deux remarques de terrain. L'état des risques est celui qui expire le plus vite : six mois, c'est à peine le temps d'une vacance locative un peu longue. Je le refais systématiquement la semaine de la signature plutôt que la semaine de la mise en annonce. Et le diagnostic amiante fait partie du DDT sans être annexé au contrat : vous le gardez, vous le fournissez sur demande. La liste officielle est détaillée sur la fiche diagnostics à fournir au locataire.
Une maison individuelle de moins de 50 mètres carrés sans installation de gaz ni de chauffage peut échapper au DPE. C'est le seul cas courant de dispense.
3. Fixer le loyer et savoir si vous êtes libre de le faire
Tout dépend de la commune. Il existe deux dispositifs qui portent presque le même nom, ce qui explique la confusion permanente entre eux.
L'encadrement de l'évolution concerne toutes les communes de zone tendue. À la relocation, le loyer est en principe celui du locataire précédent. Trois exceptions permettent de l'augmenter et elles sont précises :
- La révision oubliée : si aucune révision n'a eu lieu dans les douze mois précédents, vous pouvez appliquer la variation annuelle de l'IRL publié à la date du nouveau bail.
- Les travaux d'amélioration réalisés depuis le départ de l'ancien locataire : si leur montant atteint une année de loyer, le loyer redevient libre. S'il atteint la moitié d'une année de loyer, la hausse est plafonnée à 15 % du montant TTC des travaux.
- Le loyer manifestement sous-évalué : la hausse ne peut pas dépasser la moitié de l'écart entre un loyer de marché comparable et le loyer antérieur révisé.
Un logement classé F ou G ne peut pas voir son loyer augmenté s'il a été inoccupé moins de dix-huit mois. Les règles complètes sont sur la fiche encadrement des loyers en zone tendue.
L'encadrement du niveau est l'autre dispositif, expérimental, limité à quelques agglomérations (Paris, Lyon, Villeurbanne, Lille, Bordeaux, Montpellier, Est Ensemble, Plaine Commune, Pays basque, Grenoble-Alpes Métropole). Il impose un loyer de référence majoré que vous ne pouvez pas dépasser, sous peine d'une amende administrative de 5 000 € pour une personne physique et de 15 000 € pour une personne morale. J'ai consacré un article entier à son échéance de novembre 2026, qui n'est toujours pas tranchée.
Avant de vous caler sur une annonce voisine, posez le calcul dans l'autre sens : le loyer qui vous intéresse est celui qui rentabilise l'opération après charges, taxe foncière et travaux. Mon guide du calcul de rentabilité donne la méthode. Le simulateur de rendement locatif la pose en trente secondes.
4. Rédiger une annonce qui est aussi un document légal
On voit l'annonce comme un exercice commercial. C'est d'abord un support réglementé, y compris pour un particulier qui la publie lui-même.
Trois mentions sont obligatoires dès lors qu'une annonce de location est diffusée : les lettres des classements énergétique et climatique (de A à G), le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie pour un usage standard, précédé de cette formule exacte. Pour un logement classé F ou G, il faut y ajouter la mention « logement à consommation énergétique excessive ». L'omission expose à une amende de 3 000 € pour un particulier. Sur Internet, l'affichage doit être lisible et en couleur.
Le reste relève du bon sens commercial, mais ce bon sens fait gagner des semaines :
- Des photos lumineuses, prises pièce vide, avec un plan large par pièce. Une annonce sans photo de la salle de bain déclenche systématiquement la question en visite.
- La surface habitable, le nombre de pièces, l'étage, la présence d'un ascenseur, le mode de chauffage.
- Le montant des charges et leur forme : provision ou forfait selon ce que votre bail autorise, avec un montant calculé sur vos douze derniers mois plutôt qu'estimé au doigt mouillé.
- Le régime du logement : meublé ou nu. La fiscalité et la durée du bail en découlent. Le choix se fait avant l'annonce, pas après.
Vérifiez enfin que le logement sera bien la résidence principale du locataire. Sinon vous ne relevez plus de la loi de 1989 mais du bail meublé de Code civil, dont les règles n'ont presque rien à voir. Et si vous visez la courte durée, c'est encore un autre monde : le guide du meublé de tourisme détaille les déclarations en mairie et les quotas. Pour une location à plusieurs occupants, le guide de la colocation explique ce que change la clause de solidarité.
5. Sélectionner le locataire sans sortir de la liste
C'est l'étape où un bailleur particulier prend le plus de risques juridiques sans s'en rendre compte. La règle est simple à énoncer : le décret du 5 novembre 2015 fixe une liste limitative. Ce qui n'y figure pas ne peut pas être demandé. Il n'existe donc pas de liste séparée d'interdits : tout le reste l'est.
Deux interdictions supplémentaires méritent d'être connues. Vous ne pouvez pas imposer la cosignature d'un ascendant ou d'un descendant du candidat. Vous ne pouvez pas non plus réclamer la moindre somme d'argent en contrepartie de la réservation du logement. Le détail des pièces recevables est sur la fiche justificatifs à fournir au propriétaire.
Sur le fond du dossier maintenant. Le fameux ratio de trois fois le loyer n'est pas une règle de droit : c'est une pratique de marché, reprise par les assureurs de loyers impayés, qui la retiennent comme condition d'indemnisation. Vous pouvez parfaitement louer à un candidat dont les revenus représentent deux fois et demie le loyer. Vous perdez simplement la couverture d'une GLI. Mieux vaut en avoir conscience au moment où vous le décidez. Mon guide pour sélectionner son locataire passe chaque pièce du dossier au crible. Celui sur les garanties contre les impayés compare Visale, la caution solidaire et la GLI. Si vous optez pour un garant, le modèle d'acte de caution solidaire évite l'erreur de forme qui rend l'engagement inopposable.
Dernier réflexe, celui qui évite le plus de dégâts : la prévention vaut mieux que la procédure. Les stratégies pour éviter les impayés commencent toutes avant la signature, pas après le premier retard.
6. Le bail et ses annexes, depuis le contrat type d'octobre 2026
Le bail de résidence principale suit un contrat type réglementaire, fixé par le décret du 29 mai 2015. Ce modèle a changé : le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 s'applique aux contrats conclus ou renouvelés depuis le 1er octobre 2026. Il rend la clause résolutoire obligatoire et l'étend au défaut de versement du dépôt de garantie. Vos baux en cours ne bougent pas jusqu'à leur terme, mais une reconduction tacite vaut conclusion : c'est le point que la plupart des bailleurs manquent.
Les durées, elles, n'ont pas changé :
- 3 ans pour une location nue quand le bailleur est une personne physique.
- 6 ans quand le bailleur est une personne morale, une SCI par exemple.
- 1 an pour un meublé, reconduit tacitement.
- 9 mois pour un bail étudiant meublé, sans reconduction tacite.
Une durée réduite à un an minimum est possible en location nue si vous devez reprendre le logement pour un motif familial ou professionnel, à condition que ce motif soit écrit dans le bail.
Le contrat doit mentionner l'identité des parties, la description du logement et de ses équipements, la surface habitable, l'identifiant fiscal du logement, la classe du DPE, le montant du loyer et ses modalités de révision, le montant du dépôt de garantie, les modalités de paiement des charges et le montant des dépenses théoriques de chauffage. En zone d'encadrement du niveau des loyers, il faut y ajouter le loyer de référence majoré et le dernier loyer payé par le locataire précédent.
Le dépôt de garantie est plafonné à un mois de loyer hors charges en location nue et à deux mois en meublé. Il est interdit si le loyer est payé par trimestre. Il l'est aussi en bail mobilité. Les modèles de bail nu, de bail meublé et de quittance que je mets à disposition sont calés sur le contrat type en vigueur.
7. L'état des lieux, la pièce qui décide du dépôt de garantie
Il s'établit de façon contradictoire, en présence des deux parties, à l'entrée comme à la sortie. Il est remis à chacun, en main propre ou par voie dématérialisée, puis joint au bail.
Ce que beaucoup ignorent : en l'absence d'état des lieux d'entrée, l'article 1731 du code civil présume que le locataire a reçu le logement en bon état de réparations locatives. Autrement dit, vous ne pouvez plus rien lui imputer à la sortie, sauf à prouver vous-même le mauvais état initial. L'état des lieux n'est donc pas une formalité de confort : c'est la totalité de votre capacité à retenir quoi que ce soit sur le dépôt.
Deux délais à retenir après la signature :
- Le locataire dispose de 10 jours calendaires pour demander la modification d'un point qu'il estime mal décrit.
- Pour les éléments de chauffage, il peut le faire pendant tout le premier mois de la période de chauffe, ce qui est logique puisqu'un radiateur ne se teste pas en juillet.
Si l'une des parties ne se présente pas, chacune peut faire appel à un commissaire de justice. Le coût est alors partagé par moitié, dans la limite d'un plafond réglementaire. Mon guide de l'état des lieux détaille la méthode pièce par pièce. Le modèle d'état des lieux sert de trame. Dans RentLabs, je fais le mien depuis le téléphone, avec les photos horodatées attachées à chaque ligne : c'est ce qui rend la comparaison de sortie incontestable deux ans plus tard. Pour le calcul des retenues le jour du départ, mon guide du dépôt de garantie distingue vétusté et dégradation.
8. Les assurances, celle du locataire et la vôtre
Le locataire doit être assuré contre les risques locatifs, au minimum l'incendie, les dégâts des eaux et l'explosion. Il vous remet une attestation à la remise des clés, puis chaque année à votre demande. Cette demande annuelle n'est pas automatique : si vous ne la faites pas, vous ne saurez jamais que le contrat a été résilié.
S'il ne s'assure pas, deux voies s'ouvrent à vous. Soit vous résiliez le bail si une clause le prévoit. Soit vous souscrivez une assurance pour son compte, dont vous récupérez la prime majorée de 10 % au maximum, par douzième avec chaque loyer. C'est la solution que je recommande : elle protège le bien sans ouvrir de contentieux.
De votre côté, l'assurance propriétaire non occupant n'est pas obligatoire pour une maison individuelle. Elle le devient en copropriété : la loi du 10 juillet 1965 impose à chaque copropriétaire une assurance de responsabilité civile, parce qu'une installation électrique défectueuse dans votre lot peut incendier l'immeuble entier. Même hors copropriété, elle couvre les périodes de vacance et les dommages que le logement cause à un tiers. J'ai détaillé les garanties utiles et celles qui ne servent à rien dans mon article sur l'assurance PNO.
9. La vie du bail : quittance, révision, charges
Le bail signé, l'essentiel du travail devient calendaire. Quatre rendez-vous reviennent et ce sont eux qui font la différence entre une location sereine et un dossier qu'on rattrape dans l'urgence.
Chaque année, à la date anniversaire · révision du loyer sur l'IRL, si le bail le prévoit
Chaque année · régularisation des charges, décompte envoyé un mois avant
Chaque année · demande de l'attestation d'assurance du locataire
9.1 La quittance
Vous devez la délivrer gratuitement dès que le locataire la demande. Elle distingue le loyer des charges. Vous pouvez l'envoyer par voie dématérialisée à condition que le locataire ait donné son accord, ce qui se note dans le bail une fois pour toutes. En cas de paiement partiel, vous ne délivrez pas une quittance mais un reçu pour la somme versée : la nuance compte, parce qu'une quittance vaut preuve de paiement intégral. Le plus simple reste d'automatiser loyers et quittances pour ne plus y penser du tout.
9.2 La révision du loyer
Elle suppose une clause de révision dans le bail. Sans clause, aucune augmentation n'est possible, point final. Avec clause, le nouveau loyer se calcule ainsi : loyer en cours × IRL du trimestre de référence ÷ IRL du même trimestre l'année précédente.
Trois pièges, dans l'ordre de fréquence. Le premier : vous disposez d'un an à compter de la date de révision pour la demander. Passé ce délai, elle est perdue pour l'année. Le deuxième : la révision n'est pas rétroactive, elle ne s'applique qu'à partir de votre demande. Le troisième : depuis le 24 août 2022 en métropole, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus être révisé du tout. Mon guide express de la révision pose la méthode. Je publie le détail du dernier indice trimestriel à chaque parution.
9.3 La régularisation des charges
Si vous avez choisi la provision plutôt que le forfait, la régularisation est annuelle et obligatoire. Un mois avant, vous communiquez au locataire le décompte par nature de charges (eau froide, eau chaude, électricité, ascenseur) et le mode de répartition entre les lots. Les pièces justificatives restent à sa disposition pendant six mois après l'envoi du décompte.
Deux délais encore. Vous pouvez réclamer un arriéré de charges pendant trois ans. Et si vous n'avez pas régularisé avant la fin de l'année civile suivant celle de l'exigibilité, le locataire est en droit d'exiger un étalement du paiement sur douze mois, par lettre recommandée. Mon guide des charges récupérables liste ce qui se récupère vraiment, ligne par ligne.
Deux charges ne se récupèrent jamais et elles surprennent chaque automne : les gros travaux de l'article 606 ainsi que la taxe foncière, à l'exception de la part d'ordures ménagères. Pour lisser la première, la mensualisation de la taxe foncière est le réflexe le plus simple. Côté entretien, l'entretien annuel de la chaudière incombe au locataire sauf clause contraire du bail, mais c'est à vous de vérifier qu'il est fait.
9.4 La fin du bail
Le locataire peut partir à tout moment. Son préavis est de trois mois en location nue, ramené à un mois en zone tendue à condition qu'il le mentionne et le justifie dans sa lettre. En meublé il est d'un mois, y compris pour un bail étudiant de neuf mois. Le modèle de préavis sert de référence pour vérifier que sa lettre est valable.
Vous, vous ne pouvez donner congé qu'à l'échéance du bail, avec un préavis de six mois en nu et de trois mois en meublé. Le motif doit être l'un des trois que la loi admet : reprise, vente ou motif légitime et sérieux. Mon guide du congé donné au locataire détaille chacun d'eux. Le modèle de congé bailleur donne la forme à respecter.
Le dépôt de garantie se restitue dans un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, dans deux mois sinon. Chaque mois de retard commencé vous coûte une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges.
Enfin, pensez au volet fiscal avant la première déclaration et non après : le choix entre micro et réel se décide dès la première année et il n'est pas toujours réversible. Mon comparatif régime réel ou micro pose les deux calculs côte à côte. Pour piloter l'ensemble, mon comparatif des logiciels de gestion locative confronte les outils du marché aux obligations décrites ici. Toutes les fonctionnalités de RentLabs sont utilisables gratuitement après une inscription sans carte bancaire.
Questions fréquentes
Quels diagnostics sont obligatoires pour louer un appartement ?
Le DPE dans tous les cas, le constat de risque d'exposition au plomb si le logement est antérieur au 1er janvier 1949, l'état de l'installation électrique et celui de l'installation gaz si elles ont plus de quinze ans, l'état des risques si le logement est en zone à risque et le diagnostic bruit s'il est dans un plan d'exposition au bruit d'aéroport. Le diagnostic amiante fait partie du dossier sans être annexé au bail.
Puis-je louer un logement classé G en 2026 ?
Non. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G n'est plus considéré comme décent en France métropolitaine, donc il ne peut plus être mis en location. L'interdiction vise les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions tacites. Les logements classés F basculeront au 1er janvier 2028 et les E au 1er janvier 2034.
Quels documents un propriétaire n'a pas le droit de demander à un candidat locataire ?
Tout ce qui ne figure pas dans la liste limitative du décret du 5 novembre 2015. Concrètement : relevé de compte bancaire, attestation de bonne tenue de compte, carte Vitale, extrait de casier judiciaire, dossier médical, contrat de mariage, certificat de concubinage, chèque de réservation ou photographie autre que celle de la pièce d'identité. L'amende va jusqu'à 3 000 € pour un particulier et 15 000 € pour une personne morale.
Un locataire doit-il gagner trois fois le loyer ?
Aucun texte ne l'impose. C'est une pratique de marché, reprise comme condition d'éligibilité par les assurances loyers impayés. Vous restez libre de louer à un candidat dont les revenus représentent moins de trois fois le loyer, mais vous perdez alors la possibilité d'assurer le bail par une GLI.
Dans quel délai dois-je rendre le dépôt de garantie ?
Un mois après la remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, deux mois s'il présente des différences. Au-delà, vous devez une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé. C'est l'une des rares pénalités automatiques de la loi de 1989.
La quittance de loyer est-elle obligatoire ?
Elle est obligatoire et gratuite dès que le locataire la demande. L'envoi par courriel est possible si le locataire a donné son accord, ce qui se prévoit directement dans le bail. En cas de paiement partiel, vous délivrez un reçu pour la somme reçue et non une quittance.
Puis-je augmenter le loyer chaque année ?
Seulement si le bail contient une clause de révision, une fois par an, dans la limite de la variation de l'IRL. Vous avez un an à compter de la date de révision pour la demander, sans effet rétroactif. La révision est interdite pour les logements classés F ou G depuis le 24 août 2022 en métropole.
En résumé
- Avant tout, vérifiez la décence du logement : 9 mètres carrés sous 2,20 mètres de hauteur ou 20 mètres cubes, puis une classe DPE au-dessus de G depuis le 1er janvier 2025.
- Les diagnostics ont chacun leur durée de validité. L'état des risques expire au bout de six mois, c'est celui qui piège le plus.
- Le loyer est libre hors zone tendue. En zone tendue, c'est celui du locataire précédent, sauf trois exceptions précises.
- L'annonce doit porter les étiquettes énergie et climat ainsi que l'estimation des dépenses annuelles, même publiée par un particulier.
- Le dossier du candidat se limite à la liste du décret de 2015. Tout le reste expose à 3 000 € d'amende.
- Le bail suit le contrat type modifié au 1er octobre 2026, avec sept annexes possibles selon la situation.
- L'état des lieux conditionne toute retenue sur le dépôt de garantie. Sans lui, le logement est réputé avoir été remis en bon état.
- Si votre bien est un appartement, la copropriété s'ajoute à tout cela : appels de fonds, assemblée générale, puis une liste limitative de charges récupérables. C'est l'objet de mon guide de la copropriété pour le bailleur.
- La vie du bail tient en quatre échéances annuelles : quittance, révision IRL, régularisation des charges et attestation d'assurance.
- Un premier investissement en parking suit d'autres règles que le logement : bail de droit commun, préavis libre, puis une TVA sur un parking loué dont personne ne parle avant l'achat.
- Dès le deuxième bien, ces quatre échéances se multiplient et ne tiennent plus de tête. J'ai comparé les solutions dans ma grille critère par critère, puis posé la question du gratuit ou du payant par le coût d'un oubli.
