Aller au contenu
Tous les articles

Meublé de tourisme : ce que la mairie exige vraiment avant de louer

Numéro d'enregistrement, autorisation de changement d'usage, DPE minimum, abattement divisé par deux pour un logement non classé. Louer sa résidence secondaire à la semaine est devenu un parcours réglementaire. Voici l'ordre des étapes et les amendes qui attendent ceux qui le sautent.

RémiRémiFondateur de RentLabs3 octobre 202620 min de lecture
Sommaire

J'ai un ami qui loue un deux-pièces à Arcachon trois mois par an, le reste du temps c'est sa maison de famille. L'été dernier, il a reçu un courrier de sa mairie lui demandant son numéro d'enregistrement. Il n'en avait pas. Il ne savait même pas que ça existait.

Il s'en est tiré, parce qu'il a régularisé vite. Mais les montants ne sont pas anecdotiques : l'amende pour défaut de déclaration va jusqu'à 450 euros dans une commune à déclaration simple et jusqu'à 5 000 euros dans une commune à enregistrement. Et louer sans autorisation de changement d'usage, là où elle est exigée, expose à une amende civile pouvant atteindre 100 000 euros, assortie d'une astreinte de 1 000 euros par jour et par mètre carré jusqu'à la remise en état. Ce ne sont pas des chiffres théoriques : les communes touristiques croisent désormais les annonces en ligne avec leur registre.

Le mouvement de fond est clair depuis la loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur. L'enregistrement se généralise, les communes gagnent des leviers et la fiscalité du meublé non classé s'est nettement resserrée. Voici le parcours complet, dans l'ordre, avec ce qui change selon votre commune. Les règles ci-dessous sont celles que publie la fiche officielle de service-public.gouv.fr sur le meublé de tourisme, que j'ai relue ligne à ligne pour cet article.

1. Deux régimes de déclaration aujourd'hui et un téléservice national qui arrive

Première chose à comprendre, parce qu'elle commande tout le reste : il n'existe pas une procédure unique en France. Il en existe deux et c'est votre commune qui détermine celle qui vous concerne.

1.1 La déclaration simple

Vous remplissez le formulaire cerfa n° 14004*04, « Déclaration en mairie des meublés de tourisme » et vous l'envoyez au maire en recommandé avec accusé de réception. C'est tout. Ce régime vaut dans la majorité des communes françaises et il ne donne lieu à aucun numéro.

1.2 La déclaration avec enregistrement

Elle s'applique dans la plupart des grandes communes et elle se compose de deux démarches distinctes que l'on confond souvent : d'abord obtenir l'autorisation de changement d'usage, ensuite seulement enregistrer le meublé et recevoir son numéro. L'ordre compte. Enregistrer un logement dont le changement d'usage n'a pas été autorisé ne régularise rien.

1.3 Le téléservice national annoncé pour novembre 2026

La fiche officielle de la rubrique meublé de tourisme annonce qu'à partir de novembre 2026, chaque loueur devra faire enregistrer son ou ses meublés dans un nouveau téléservice national. Au moment où j'écris ces lignes, la date exacte du mois n'est pas encore affichée par l'administration. C'est la suite logique de la loi Le Meur : un registre unique, interrogeable, qui met fin à la mosaïque de guichets communaux. Si vous louez déjà, c'est la démarche à surveiller pour les mois qui viennent.

1.4 Le SIRET, l'étape que presque tout le monde oublie

Louer un meublé de tourisme est une activité économique. Vous devez vous déclarer auprès de l'INSEE via le guichet des formalités des entreprises, gratuitement. Vous recevez en retour un numéro SIRET. C'est lui que vous reporterez sur votre déclaration de revenus. Beaucoup de propriétaires découvrent ce point au printemps, devant une case qu'ils ne peuvent pas remplir.

Il n'y a pas de liste nationale des communes à enregistrement. Il faut appeler sa mairie ou regarder son site. C'est le premier conseil que je donne et le plus souvent ignoré.

AVANT TOUT, UN COUP DE FIL À LA MAIRIE
DÉCLARATION SIMPLE
Cerfa 14004, envoyé au maire en recommandé. Une seule étape, pas de numéro à afficher.
Défaut de déclaration : jusqu'à 450 €
DÉCLARATION AVEC ENREGISTREMENT
Autorisation de changement d'usage, puis enregistrement. Un numéro de 13 caractères, à faire figurer sur chaque annonce.
Défaut de déclaration : jusqu'à 5 000 €
Même logement, même activité, deux parcours qui n'ont rien à voir. La commune tranche, pas vous.

2. L'autorisation de changement d'usage et le DPE qui la conditionne

C'est l'étape qui bloque le plus de projets aujourd'hui et celle que presque personne n'anticipe.

Transformer un logement en meublé touristique, c'est juridiquement changer son usage. Dans les communes qui l'ont instauré, cela suppose une autorisation du maire. Ces communes sont très souvent celles où le marché locatif est déjà sous pression. Le simulateur officiel de la taxe sur les logements vacants ne donne pas la réponse juridique, mais il vous dit en trente secondes si votre commune est en zone tendue. Si c'est le cas, partez du principe que le changement d'usage s'applique jusqu'à preuve du contraire et faites confirmer par la mairie.

2.1 Le DPE est devenu une condition d'entrée

Pour obtenir l'autorisation en métropole, vous devez fournir un diagnostic de performance énergétique affichant une étiquette comprise entre A et E. À partir de 2034, le seuil se durcit : il faudra une étiquette entre A et D en métropole et entre A et E dans les départements d'outre-mer.

LE DPE EXIGÉ POUR LE CHANGEMENT D'USAGE
Aujourd'hui, métropoleA à E
Aujourd'hui, départements d'outre-merPas d'exigence de lettre
À partir de 2034, métropoleA à D
À partir de 2034, départements d'outre-merA à E
Un F ou un G ferme la porte dès maintenant en métropole. Un E la ferme en 2034, ce qui laisse huit ans pour gagner une lettre.

Autrement dit : une passoire thermique ne deviendra pas un meublé de tourisme dans ces communes. Si votre logement est classé F ou G, le sujet n'est donc plus seulement la location longue durée, c'est votre projet touristique qui tombe. J'ai écrit un guide complet du DPE et des passoires thermiques qui détaille les travaux qui font réellement gagner une lettre et ceux qui n'en font gagner aucune. Un propriétaire qui vise 2034 a le temps de s'y prendre dans l'ordre, celui qui s'y met en 2033 paiera le prix de l'urgence.

2.2 La compensation, le mur invisible des grandes villes

Selon la commune, l'autorisation prend des formes différentes. Elle peut être personnelle et temporaire, auquel cas elle prend fin quand vous cessez l'activité. Elle peut être soumise à compensation, c'est-à-dire à l'obligation de transformer en habitation une surface équivalente ailleurs dans la commune. Dans les villes les plus tendues, cette surface se négocie à un prix qui tue le projet à lui seul.

C'est à ce stade que beaucoup de dossiers s'arrêtent. Mieux vaut le savoir avant d'acheter que six mois après. Et si le logement est aujourd'hui loué en bail classique, sachez que le reprendre pour en faire un meublé de tourisme suppose un congé en bonne et due forme : les motifs et les délais sont dans mon guide du congé donné au locataire. Aucun des trois motifs légaux ne s'appelle « je passe en saisonnier ».

3. Le numéro d'enregistrement et où il doit apparaître

Une fois l'autorisation obtenue, vous enregistrez le meublé auprès de la commune. Vous fournissez votre identité, votre adresse postale et électronique, l'adresse du meublé ou son numéro invariant figurant sur l'avis de taxe d'habitation, l'indication qu'il s'agit ou non de votre résidence principale, le nombre de pièces et de lits et le cas échéant la décision de classement.

En retour, vous recevez un numéro d'enregistrement de 13 caractères, construit en trois groupes : le code de la commune sur cinq chiffres, un identifiant sur six chiffres et une clé de contrôle sur deux caractères. Il n'est pas décoratif : il doit figurer dans chaque annonce, y compris sur les plateformes en ligne. C'est précisément ce numéro qui permet aux communes de rapprocher une annonce d'un registre et donc de repérer celles qui n'y figurent pas.

Et si le logement est en copropriété, vous devez informer le syndic dès l'obtention du numéro. Le syndic informera les copropriétaires lors de la prochaine assemblée générale. Beaucoup de propriétaires l'ignorent, puis découvrent le sujet au moment où un voisin le met à l'ordre du jour.

4. Résidence principale : 120 jours ou 90 selon la commune

Louer sa propre résidence principale quelques semaines par an obéit à des règles différentes, détaillées dans la fiche officielle sur la location de sa résidence principale en meublé de tourisme.

Le principe reste le plafond de 120 jours par année civile dans les communes à enregistrement. Mais depuis le 1er janvier 2025, la commune peut l'abaisser jusqu'à 90 jours par délibération motivée. Le plafond applicable n'est donc plus une donnée nationale, c'est une donnée locale. Plusieurs communes littorales ou de montagne s'en sont déjà saisies. Dépasser le plafond expose à une amende pouvant atteindre 10 000 euros.

Deux précisions qui évitent les mauvais calculs. Le plafond se compte en jours de location, pas en réservations. Et une résidence principale suppose que vous y habitiez au moins huit mois par an, ce qui borne mécaniquement ce que vous pouvez louer : au-delà, ce n'est plus votre résidence principale et vous basculez dans le régime de la résidence secondaire, autorisation de changement d'usage comprise.

5. La fiscalité, là où le classement change tout

C'est le point qui a le plus bougé et celui qui pèse le plus lourd sur votre rendement net.

5.1 Micro-BIC : deux colonnes qui n'ont plus rien à voir

En micro-BIC, le meublé de tourisme non classé et le meublé de tourisme classé ne sont plus logés à la même enseigne depuis la loi Le Meur. Les valeurs ci-dessous sont celles publiées par la fiche régime fiscal de la micro-entreprise et par la fiche sur l'imposition des revenus de location meublée.

Meublé de tourisme non classé Meublé de tourisme classé
Abattement forfaitaire 30 % 50 %
Plafond de recettes, revenus 2025 15 000 € 77 700 €
Plafond de recettes, revenus 2026 15 000 € 83 600 €
Abattement minimum 305 € 305 €
Charges déductibles en plus Aucune Aucune
Au-delà du plafond Régime réel Régime réel

Deux remarques sur ce tableau, parce que c'est là que le web se trompe le plus souvent. Le plafond du classé suit la revalorisation triennale des seuils de prestations de services, d'où le passage de 77 700 à 83 600 euros pour les revenus de 2026 à 2028. Le plafond du non classé, lui, ne bouge pas : la loi l'a fixé à 15 000 euros et il reste à 15 000 euros en 2026.

Prenons un exemple concret, parce que l'écart se voit mieux en euros qu'en pourcentages.

14 000 € DE RECETTES ANNUELLES, BASE IMPOSABLE
Non classé, abattement 30 % 9 800 €
Classé, abattement 50 % 7 000 €
2 800 euros de base imposable en moins, pour le même logement et les mêmes loyers. À une tranche marginale de 30 %, cela représente environ 840 euros d'impôt en moins par an, prélèvements sociaux en sus.

5.2 Le classement en étoiles devient un calcul, pas une coquetterie

Le classement est facultatif et payant. Il va de une à cinq étoiles, il s'obtient auprès d'un organisme accrédité après visite et il vaut cinq ans. La demande de classement passe par le cerfa n° 11819*03, adressé à l'organisme évaluateur.

Face à vingt points d'abattement d'écart, il est souvent rentabilisé dès la première année : sur 14 000 euros de recettes et une tranche à 30 %, l'économie d'impôt couvre largement le coût de la visite de classement. Son autre effet est commercial, les étoiles rassurent et elles vous font remonter dans les filtres des plateformes. Et elles jouent aussi sur la taxe de séjour, dont le tarif dépend du classement.

5.3 Le régime réel, l'amortissement et la note de sortie

Au-delà de 15 000 euros de recettes sans classement, vous basculez au régime réel, qui n'est pas une punition. Amortissement du bien, déduction des charges réelles, des intérêts d'emprunt et des travaux : sur un meublé bien équipé, le réel bat souvent le micro. Je compare les deux logiques, avec le seuil de bascule, dans mon article sur le régime réel ou le micro.

Un point à intégrer dès le premier euro amorti, parce qu'il se paie à la revente. Depuis l'article 84 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, les amortissements déduits en location meublée non professionnelle viennent minorer le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value, pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025. La fiche officielle sur l'impôt sur les plus-values immobilières le confirme. Concrètement, l'avantage pris chaque année au réel se retrouve en partie dans la note de sortie. Ce n'est pas une raison d'écarter le réel, c'est une raison de simuler la revente avant de choisir : mon simulateur de plus-value immobilière sert exactement à ça.

5.4 Cotisations sociales et structure de détention

Deux seuils que l'on découvre trop tard. En dessous de 23 000 euros de recettes annuelles, vos revenus de meublé de tourisme supportent les prélèvements sociaux. Au-delà, vous relevez des cotisations sociales des travailleurs indépendants, ce qui change le montant et le calendrier des paiements.

Quant à la structure, attention au réflexe de la société civile. Une SCI à l'impôt sur le revenu qui loue en meublé de façon habituelle bascule à l'impôt sur les sociétés, l'administration ne tolérant qu'une part réduite de recettes meublées, de l'ordre de 10 % des recettes totales hors taxes. La bascule n'est pas anodine : imposition des bénéfices au niveau de la société, puis des distributions au niveau des associés. Je détaille l'arbitrage dans le choix entre SCI et LMNP et, si la société existe déjà, dans mon guide de la gestion d'une SCI familiale.

6. La taxe de séjour : vous la collectez, vous ne la payez pas

Confusion fréquente et pourtant simple à lever. La taxe de séjour n'est pas une charge du propriétaire, c'est une taxe due par le vacancier. Vous n'en êtes que le collecteur, pour le compte de la commune ou de l'intercommunalité.

Son montant dépend du type d'hébergement, de son classement et de la délibération locale. Il n'y a donc pas de tarif national : le service officiel des tarifs de la taxe de séjour par commune donne le montant et la période de perception de votre commune.

Deux règles pratiques. Si la réservation passe par une plateforme qui encaisse le paiement, c'est elle qui collecte la taxe et la reverse, vous n'avez rien à faire sur ce séjour. Si le client réserve en direct, c'est vous qui collectez puis reversez. Et certains clients en sont exonérés : les mineurs, les saisonniers employés dans la commune, les bénéficiaires d'un hébergement d'urgence et les personnes domiciliées dans la commune. C'est une ligne de plus à tenir dans vos comptes et c'est précisément le genre de montant qu'il ne faut pas confondre avec une recette, sous peine de gonfler artificiellement son chiffre d'affaires déclaré.

7. Ce qui définit juridiquement un meublé de tourisme

Une précision qui évite des confusions coûteuses. Un meublé de tourisme est un logement meublé loué à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile, pour une courte durée, à la journée, à la semaine ou au mois. Un même client ne peut pas totaliser plus de 90 jours consécutifs par année civile.

Au-delà ou si l'occupant y installe sa vie, vous n'êtes plus dans le meublé de tourisme. Vous êtes dans une location meublée ordinaire et deux régimes très différents se disputent alors votre contrat : la loi du 6 juillet 1989 si le logement devient la résidence principale de l'occupant, le Code civil s'il ne l'est pas. Ce dernier cas est plus fréquent qu'on ne croit et je lui ai consacré un article entier sur le bail meublé soumis au Code civil. Si la bascule devient durable, c'est le guide du bail meublé qu'il faut ouvrir, avec son inventaire, sa durée d'un an et son dépôt de garantie plafonné.

Le logement doit aussi comporter un mobilier minimal permettant d'y vivre normalement : literie, équipement de cuisine, mobilier pour prendre les repas, matériel d'entretien. Et il doit être à l'usage exclusif du client pendant le séjour.

8. Les points que je vérifie avant de mettre une annonce en ligne

Voici ma liste, dans l'ordre où je la déroule. Elle m'évite de découvrir un problème le jour où la réservation est déjà encaissée.

Le statut de la commune. Déclaration simple ou enregistrement, plafond de jours pour une résidence principale, quota éventuel, zone réservée à l'habitation. Un appel suffit.

Le DPE. Étiquette A à E si le changement d'usage est exigé. Et de toute façon, un DPE à jour sert aussi à l'annonce.

Le règlement de copropriété. Certains interdisent purement et simplement la location de courte durée ou la réservent à un usage non commercial. Lisez-le avant, pas après la première assemblée générale houleuse.

L'assurance. Un contrat propriétaire non occupant classique ne couvre pas forcément une activité de location saisonnière, avec sa rotation de clients et ses risques propres. Mon article sur l'assurance propriétaire non occupant détaille ce qu'il faut regarder dans les garanties et la question à poser à son assureur.

Les taxes locales. Taxe foncière et taxe d'habitation sur les résidences secondaires restent dues et elles pèsent sur un bien loué trois mois autant que sur un bien loué toute l'année. Mon guide de la taxe foncière explique comment la lire et la mensualisation évite le trou de trésorerie d'octobre.

Le dépôt de garantie et l'état des lieux. Rien ne les impose en saisonnier, tout les recommande. Les règles de montant et de restitution du long terme ne s'appliquent pas telles quelles, mais la logique de preuve, elle, est la même : mon guide du dépôt de garantie explique pourquoi une retenue sans état des lieux ne tient jamais. Le modèle d'état des lieux gratuit se remplit en dix minutes à l'arrivée.

La rentabilité réelle. Entre les commissions de plateforme, le ménage, le linge, l'électricité et la vacance entre deux séjours, le rendement affiché n'est jamais le rendement perçu. Ma méthode de calcul de rentabilité brute et nette s'applique telle quelle à condition de compter la vacance pour ce qu'elle est. Le calculateur de rendement locatif fait le calcul pendant que vous hésitez encore entre deux biens.

Les charges, si vous hésitez avec le long terme. Un meublé classique se gère avec un forfait de charges plutôt qu'avec des provisions : j'explique le calcul du forfait de charges en meublé pour ceux qui envisagent de repasser au bail d'un an.

9. Ce que je fais pour que les comptes restent lisibles

C'est la partie dont on parle le moins et celle qui fait le plus perdre de temps en avril.

Une location saisonnière, ce sont beaucoup de petits encaissements, qui arrivent de plusieurs canaux, amputés de commissions variables. Un virement de plateforme de 1 240 euros peut recouvrir trois séjours et deux taux de commission différents, taxe de séjour comprise ou non selon le canal. Au moment de déclarer, il faut remonter la chaîne. C'est faisable dans un tableur, je l'ai fait pendant deux saisons. C'est exactement le moment où l'on commence à comparer RentLabs et Excel.

Dans RentLabs, je saisis chaque séjour comme une location à part entière, avec son contrat et son état des lieux. Les commissions de plateforme ont leur propre catégorie, distincte des honoraires de gestion, ce qui évite de les mélanger dans le compte de résultat. Et le tableau de bord compte le saisonnier dans l'encaissé et dans le taux d'occupation, au lieu de le laisser hors champ comme le font beaucoup d'outils pensés pour le bail long. Si vous comparez les solutions, mon comparatif des logiciels de gestion locative dit lesquels savent gérer le séjour court et lesquels ne savent pas.

Résultat concret : je sais, bien par bien, combien un meublé a rapporté net de commissions et combien de nuits il est resté vide. C'est exactement l'information qui manque pour décider si le classement en vaut la peine ou si le bien gagnerait à repasser en location longue durée, auquel cas mon guide de la gestion sans agence et celui de l'automatisation des loyers et des quittances prennent le relais. C'est aussi le chiffre qui tranche la question de la conciergerie, que j'aborde dans mon article sur les alternatives à l'agence immobilière : une commission de 20 % se justifie ou ne se justifie pas, mais encore faut-il la rapporter au net encaissé. La page fonctionnalités donne le détail et vous pouvez ouvrir un compte gratuit pour tester sur un seul bien.

STUDIO ARCACHON
Saison 2026
62 %
112 nuits vendues sur 180 proposées
Meublé non classé, micro-BIC
Recettes des séjours14 200 €
Commissions de plateforme− 2 130 €
Ménage et linge− 1 460 €
Net encaissé10 610 €
Recettes sous le plafond de 15 000 €, le micro-BIC reste ouvert. Une saison de plus et il se referme.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer mon meublé de tourisme si je ne loue que deux semaines par an ?

Oui. La déclaration ne dépend ni de la durée ni du montant, mais de la nature de l'activité. Dès que vous proposez le logement à une clientèle de passage, vous entrez dans le régime du meublé de tourisme. Deux semaines par an suffisent.

Quel est l'abattement du micro-BIC pour un meublé de tourisme non classé ?

30 %, avec un plafond de recettes de 15 000 euros. Un meublé classé bénéficie d'un abattement de 50 % et d'un plafond de 77 700 euros pour les revenus 2025, porté à 83 600 euros pour les revenus 2026. L'abattement ne peut jamais être inférieur à 305 euros.

Le classement en étoiles est-il obligatoire ?

Non, il est facultatif et payant. Mais il fait passer votre abattement micro-BIC de 30 à 50 % et votre plafond de recettes de 15 000 à 83 600 euros pour les revenus 2026. Sur un meublé qui tourne, il se rentabilise généralement dès la première année. Il vaut cinq ans et s'obtient auprès d'un organisme accrédité.

Que risque-t-on vraiment si on ne déclare rien ?

L'absence de déclaration est passible d'une amende pouvant atteindre 450 euros dans une commune à déclaration simple et 5 000 euros dans une commune à enregistrement. Louer sans l'autorisation de changement d'usage, quand elle est exigée, expose à une amende civile pouvant atteindre 100 000 euros, assortie d'une astreinte de 1 000 euros par jour et par mètre carré jusqu'à la remise en état. Dépasser le plafond de jours d'une résidence principale coûte jusqu'à 10 000 euros.

Ma copropriété peut-elle m'interdire de louer en courte durée ?

Le règlement de copropriété peut contenir une clause d'habitation bourgeoise exclusive ou une interdiction expresse de la location meublée de courte durée. Vérifiez-le avant d'investir. Et dans tous les cas, vous devez informer le syndic dès l'obtention de votre numéro d'enregistrement.

Combien de jours puis-je louer ma résidence principale en meublé de tourisme ?

120 jours par année civile dans les communes à enregistrement, sauf si la commune a abaissé ce plafond par délibération motivée, ce qu'elle peut faire depuis le 1er janvier 2025 jusqu'à 90 jours. Vérifiez auprès de votre mairie : le plafond applicable est désormais une donnée locale.

Qui paie la taxe de séjour dans une location saisonnière ?

Le vacancier. Vous n'êtes que collecteur pour le compte de la commune. Quand la réservation passe par une plateforme qui encaisse le paiement, c'est la plateforme qui collecte et reverse. Quand le client réserve en direct, c'est vous.

Faut-il un état des lieux pour un séjour de quelques nuits ?

Rien ne l'impose, mais rien ne vous protège sans lui. Un état des lieux sommaire avec photos, à l'arrivée et au départ, est ce qui vous permettra de retenir une somme sur le dépôt sans que la discussion tourne à votre désavantage. Ma méthode est dans le guide de l'état des lieux.

En résumé

  • Deux régimes coexistent aujourd'hui : la déclaration simple par cerfa 14004*04 ou la déclaration avec enregistrement. C'est votre commune qui décide et il faut l'appeler.
  • Un téléservice national d'enregistrement doit prendre le relais à partir de novembre 2026, la date exacte n'étant pas encore publiée.
  • La déclaration avec enregistrement suppose d'abord une autorisation de changement d'usage, qui exige en métropole un DPE compris entre A et E, puis entre A et D à partir de 2034.
  • Le numéro d'enregistrement de 13 caractères doit figurer dans chaque annonce, plateformes comprises. C'est lui qui rend les contrôles possibles.
  • En copropriété, le syndic doit être informé dès l'obtention du numéro.
  • Micro-BIC : 30 % d'abattement et 15 000 euros de plafond sans classement, 50 % et 83 600 euros avec, pour les revenus 2026. L'écart justifie souvent le classement à lui seul.
  • Au-delà de 23 000 euros de recettes, vous passez des prélèvements sociaux aux cotisations sociales des indépendants.
  • Une SCI à l'impôt sur le revenu qui loue en meublé de façon habituelle bascule à l'impôt sur les sociétés.
  • La taxe de séjour est due par le vacancier. La plateforme la collecte quand elle encaisse, sinon c'est vous.
  • Le règlement de copropriété peut tout interdire, avant même la mairie. Une clause d'habitation bourgeoise exclusive suffit à faire cesser l'activité, aux frais du bailleur. À lire avant d'investir : mon guide de la copropriété pour le bailleur.
  • Les sanctions sont réelles : jusqu'à 5 000 euros pour un défaut d'enregistrement, jusqu'à 10 000 euros pour un dépassement du plafond de jours, jusqu'à 100 000 euros pour un changement d'usage non autorisé.
  • Une place de stationnement proposée avec le logement suit son régime de TVA. Louée séparément à un tiers, elle bascule dans le champ de la taxe : le détail est dans mon article sur la TVA sur un parking loué.
  • Le rendement se juge sur le net encaissé, commissions et frais déduits, rapporté aux nuits réellement vendues.

Pour aller plus loin

Articles liés

RÉF. 01Types de bail

Bail meublé : le guide complet pour le propriétaire en 2026

Onze meubles imposés par décret, un an de bail, deux mois de dépôt et des recettes taxées en BIC. Voici le mode d'emploi complet du bail meublé, textes à l'appui, pour signer sans se faire requalifier.

RÉF. 02Types de bail

Bail meublé soumis au Code civil : louer hors de la loi de 1989

Une résidence secondaire, un logement de fonction, un pied-à-terre loué quelques mois : la loi du 6 juillet 1989 ne s'applique pas. Le Code civil reprend la main et il vous laisse décider de presque tout. À condition de l'écrire.

RÉF. 03Réglementation

DPE et passoires thermiques : le guide propriétaire 2026

La classe G est interdite à la location depuis 2025, la F tombe en 2028. Entre les deux, un changement de calcul au 1er janvier 2026 peut faire remonter votre logement d'une classe sans un seul coup de marteau.

RÉF. 04Fiscalité

Régime réel ou micro : bien choisir son régime fiscal locatif (foncier et LMNP)

Micro-foncier, micro-BIC, réel : les seuils à jour, l'amortissement LMNP et son revers à la revente, plus un exemple chiffré qui montre où part l'argent. De quoi trancher en dix minutes.

RÉF. 05Fiscalité LMNP / SCI

SCI ou LMNP : quel statut choisir pour investir en locatif ?

La question n'oppose pas deux statuts mais quatre configurations fiscales. Entre la SCI à l'IR, la SCI à l'IS, le LMNP au micro-BIC et le LMNP au réel, l'écart se chiffre en dizaines de milliers d'euros à la revente.

RÉF. 06Gestion locative globale

Assurance PNO : est-elle obligatoire et comment bien la choisir en 2026 ?

Le locataire a son assurance, alors pourquoi en prendre une de votre côté ? Parce qu'elle vous couvre là où les autres s'arrêtent. Voici tout ce qu'un bailleur doit savoir sur la PNO.

RÉF. 07Gestion locative

Rentabilité locative : calculer le rendement brut, net et net-net (méthode 2026)

Le même studio affiche 6 % dans l'annonce et rapporte 2,4 % une fois l'impôt payé. Voici les quatre calculs qui séparent ces deux chiffres, posés ligne à ligne sur un exemple que vous pouvez recopier.

RÉF. 08Fiscalité

Taxe foncière 2026 : calcul, exonérations, paiement et déduction

La taxe foncière se calcule sur une valeur locative de 1970 que personne ne vérifie. Voici comment lire votre avis 2026, récupérer la TEOM sur le locataire, réclamer les dégrèvements que l'administration n'accorde jamais d'office et déduire le reste.

Et si la théorie devenait action ?

RentLabs automatise les baux, les quittances et la comptabilité pour les propriétaires bailleurs. Essayez gratuitement.

Créer mon compte